Toute cette montagne de commentaires diversifiés et d’opinions parfois contradictoires, jusqu’ à un certain extrémisme verbal, donne une image positive et vivace de la volonté des Algériens de débattre et de comprendre l’origine de cette malédiction qui les poursuit depuis des siècles. Mes remerciements chaleureuses et amicales au vaillant résistant de la liberté d’expression que représente notre cher Mohamed Benchicou, une grande admiration et une solidarité sans faille pour soutenir ses actions pour défendre la liberté et la justice. Ses écrits et son combat depuis longtemps rehausse terriblement l’honneur perdu et la personnalité bafouée des millions hommes et femmes algériennes qui assistent impuissant à la déchéance et la tragédie de leur pays. Le courage exemplaire de cet homme m’étonne dans un système bloqué gangréné par cancer politico- culturel et financier qui finira malheureusement par la disparition de l’état et de la nation, car on s’achemine doucement mais surement vers la « somalisation », après la fin du trésor pétrolier. (…) Le combat dont vous parlez qui aurait du être engagé dans l’été 62 n’a pas eu lieu. C’est à cette époque qu’il fallait défendre la liberté chèrement acquise durant une guerre terrible reconnue mondialement, défendre le Droit d’accès au pouvoir par les élections libres et faire respecter le GPRA en attendant une démocratie ultérieure, défendre la justice sans restriction de race, de religion, de langue et de culture, comme nous l’a démontré de façon majestueuse et extraordinaire notre grand HEROS african MANDELA. C’est cela le véritable combat, au meilleur moment, le peuple était extrêmement fatigué certes, mais d’une formidable maturité culturelle, sociale et éducationnelle. L’époque était propice et féconde en ce temps la, il existait des milliers de Benchicou. Mais l’Algérien a préféré le repos du guerrier, après avoir combattu une puissance multidimensionnelle européenne, il a abdiqué et s’est agenouillé devant des arrivistes opportunistes qui ont ravagé les « pseudo valeurs » dont vous parlez. Après quarante ans de partage systématique et programmée de toutes les richesses économiques et le gaspillage extraordinaire des ressources de ce pays, la marginalisation et l’exclusion jusqu’à effacement physique de toute source de lumière, qui puisse apporter l’espoir pour l’avenir, je suis désolé de vous enlever vos dernières illusions de jeunesse, mais la machine infernale a totalement détruit le cerveau de l’Algérien. Il ne restera dans une décennie que le désert, cette fois-ci sans le pétrole et le gaz. Surtout ne me dites pas que l’Algérien s’adaptera à l’environnement hostile de la nature, il n’aura absolument aucune ressource, ni matérielle, ni intellectuelle, ni spirituelle. C’est dommage pour les enfants de ce pays, ils payent la lâcheté de leurs parents. Qui sème le vent, récolte la tempête.
BAYACHI
