Le Matin d'Algérie

Le 14 juillet vu des jardins de la résidence de l’ambassadeur, à Alger

Qu’importent les tensions politiques entre les deux pays et les récentes restrictions budgétaires décidées par le Quai d’Orsay : la soirée mondaine d’Alger a bien eu lieu et la prise de la Bastille a été fêtée, cette année à Alger, comme il se doit ! L’ambassade de France à Alger a mis, le 14 juillet, les petits plats dans les grands. L’hymne national algérien, Qassaman, a résonné après La Marseillaise dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur, à El Biar, sur les hauteurs d’Alger. Le gouvernement algérien y était représenté par Karim Djoudi, ministre des Finances ainsi qu’Amar Tou, son collègue des Transports. Le choix des deux hommes décidé par Abdelaziz Bouteflika, semble-t-il, n’est pas fortuit. Le premier est une étoile montante de l’équipe d’Ahmed Ouyahia, et le second s’occupe d’un secteur où le partenariat avec les entreprises françaises est très dense : 14 projets de tramway, des milliers de kilomètres de rail, métro d’Alger, etc. La coopération militaire entre les deux pays se porte plutôt bien. Parmi les nombreux officiers supérieurs présents, un haut gradé au nom familier : le général-major Mohamed Zerhouni, cousin de Yazid et conseiller spécial du ministre de la Défense, autrement dit d’Abdelaziz Bouteflika. Un hommage apprécié au père de la nation Bien que la représentation du pouvoir était conséquente, l’ambassadeur de France n’a pas pour autant oublié l’opposition et la société civile. Saïd Sadi (Rassemblement pour la culture et la démocratie, RCD) et Louisa Hanoune (Parti des travailleurs) ont honoré l’invitation, tout comme Mustapha Bouchachi, le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH). Autre présence remarquable, celle de Maître Ali Yahia Abdennour, infatigable défenseur des droits de l’homme et membre fondateur de la LADDH. Quelques anciens combattants ont été conviés pour fêter l’alignement de leurs pensions de retraite sur celles de leurs compagnons d’armes français. Les quelques 600 convives ont écouté avec attention l’adresse de leur hôte Xavier Driencourt. Le diplomate a habilement placé les festivités sous le sceau du 150e anniversaire du sauvetage, en juillet 1860, de milliers de chrétiens promis à l’extermination par des extrémistes druzes par l’émir Abd el-kader à Damas. L’émir Abd el-kader étant considéré comme le père de la nation, l’assistance a particulièrement apprécié. Puis on est passé à table…

Jerjer

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