On n’en a pas fini avec Chakib Khelil. Malgré son éviction du gouvernement le 28 mai 2010, l’ex-ministre de l’Energie et des Mines continue de faire l’objet de diverses enquêtes et de diverses révélations, voire de spéculations.
A Alger, et notamment dans l’entourage du premier ministre, Ahmed Ouyahia, on affirme que son successeur Youcef Yousfi a déjà ouvert les dossiers de son prédécesseur. Il serait aidé, affirme-t-on, par la cellule du DRS (Sécurité militaire) chargée d’enquêter sur les malversations et les détournements qui ont eu lieu à la Sonatrach. La mise à plat des dossiers devrait être effectuée avant le mois du ramadan.
Tous les cadres réputés proches de l’ancien ministre de l’Énergie, ont été écartés. Abdelhafid Feghouli, PDG intérimaire avant la nomination de Cherouati, a quitté la société pour prendre la direction de Tassili Airlines, filiale de Sonatrach et d’Air Algérie. Avec le départ du secrétaire général de la Sonatrach, Abdelmalek Zitouni, le 7 juin, l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil perd son dernier relais à Sonatrach.
La justice poursuit ses enquêtes.
A cet égard, Maghreb-intelligence a appris que Khelil, qui porte avec sa femme d’origine palestinienne la nationalité américaine, ne serait pas autorisé à quitter le territoire algérien.
On dit encore qu’il est privé de son passeport..
Chakib Khelil est-il la bonne crevette accrochée à l’hameçon dans la pêche au gros poisson Bouteflika ?
On le dit. Certaines autres sources démentent.
Toujours est-il que les révélations embarrassantes s’accumulent.
Dernière en date : les aveux de l’ex premier PDG de la Sonatrach, Mohamed Meziane, de ses deux fils Mohammed Réda et Bachir Faouzi et de Rehal Chawki un de ses vice-présidents à propos de l’implication directe de Chakib Khelil dans l’octroi de marchés douteux (notamment la réhabilitation du siège Ghermoul de Sonatrach), que le groupe a conclus entre 2006 et 2008, avec des bureaux d’études suspects, notamment avec la compagnie BRC société mixte entre Sonatrach et Halluberton, à Zéralda et à Chéraga. Il est notamment fait mention d’un scandale d’élaboration du cahier de charges pour la réalisation de l’Institut national des mines, estimée à 11.900.000.000 centimes, en plus du marché de réaménagement du siège de Sonatrach sis au boulevard Ghermoul à Alger.
L’enquête du DRS a permis de conclure que ces transactions douteuses étaient pilotées par un ex-conseiller de l’ancien ministre de l’Energie et des mines, ( probablement Reda Hemche, neveu du ministre), qui aurait manigancé des arrangements la propriétaire d’un bureau d’études, en l’occurrence Mme Nouria Miliani, qui aurait bénéficié de facilités ahurissantes aux dépens de Sonatrach. D’autre part, les confrontations entre les parties et témoins dans cette affaire dont , effectuées par le juge d’instruction au mois de juin ont permis de confirmer que l’octroi du marché qu’on dit douteux, à la société allemande Imtech, pour la réhabilitation du siège de Ghermoul, avec une enveloppe financière estimée à 65 millions d’euros a eu lieu suite aux instructions de l’ex ministre de l’Energie et des mines, Chakib Khelil.
Alors, Chakib Khelil, crevette ou gros poisson ?
K.B. – Lematindz
