Interrogé par El-Watan sur la question de savoir si l’initiative de Ferhat Mehenni de créer un gouvernement provisoire kabyle ne serait pas un acte de désespoir.
Said Sadi, le leader du RCD, a répondu que «dans l’absolu, chacun est libre de lancer des initiatives qu’il estime devoir assumer», estimant, toutefois que «ce genre de démarches sont sans issue.» Pour Sadi, «il ne faut pas que le remède soit pire que le mal. On n’est pas là, encore une fois, pour structurer le désespoir. On est là pour construire l’espérance. C’est une démarche complètement différente.»
Approfondissant le thème, il dit connaître «toutes les raisons qui peuvent pousser au désespoir et à l’exaspération» et met en garde ses «concitoyens» contre le piège de «tomber dans les provocations vulgaires, comme celles qui sont en train de se passer en Kabylie depuis ces quatre dernières années». Pour Sadi, «c’est le meilleur moyen, de mon point de vue, que cherche le pouvoir. Ce dernier veut aboutir au repli sur soi, à l’exaspération et à la déconnexion des revendications de la matrice démocratique nationale. Aller dans cette filière, revient à servir d’appât à la stratégie d’étouffement de la Kabylie et donc aussi de construction solidaire et démocratique de la nation. Il ne faut pas, donc, céder à l’exaspération et au désespoir. Parce qu’il y a quand même des lueurs d’espoir.»
