L’annonce par Ferhat Mehenni, mercredi 2 juin, d’un « gouvernement provisoire kabyle » formé la veille à Paris ne semble pas bouleverser les autorités algériennes.
« Ce n’est que du tintamarre ! » a dit le Premier ministre Ahmed Ouyahia, interrogé, hier en marge de l’inauguration de la 43e édition de la Foire internationale d’Alger, avec un sourire pleine d’ironie. Nacer Mahel, tout fraîchement promu ministre de la Communication, s’est écrié, lui : « Mais c’est qui celui-là ? » Le parti du Front de libération nationale (FLN) a qualifié l’annonce de Ferhat Mehenni d’un « non-événement ». Car pour le parti de Belkhadem, ce que vient de faire Mehenni « n’a aucun impact sur le terrain, ni en Kabylie ni ailleurs », a commenté Kassi Aïssi, qui s’exprimait au nom du FLN. Pour lui, la Kabylie est « une partie intégrante de l’Algérie, elle est au cœur même de l’Algérie. » Au Rassemblement national et démocratique (RND), Sedik Chihab estime que le projet de l’ancien acteur du Mouvement culturel berbère (MCB) « ne tient pas la route ».
Annoncé depuis le 20 avril dernier, ce gouvernement est composé de 10 membres. Mais aucune personnalité connue ne figure dans cette équipe conduite par Ferhat Mehenni lui-même. Dans son discours inaugural, le président du MAK explique les raisons qui l’ont amené à proclamer le gouvernement provisoire de la Kabylie. « Niés dans notre existence, bafoués dans notre dignité, discriminés sur tous les plans, nous nous sommes vus interdits de notre identité, de notre langue et de notre culture kabyles, spoliés de nos richesses naturelles, nous sommes à ce jour administrés tels des colonisés, voire des étrangers en Algérie », dénonce-t-il.
« Aujourd’hui, si nous en sommes à mettre sur pied notre gouvernement provisoire, c’est pour ne plus subir ce que nous endurons d’injustice, de mépris, de domination, de frustrations et de discriminations depuis 1962 », date de l’indépendance de l’Algérie par rapport à la France, a-t-il ajouté.
L.M.
