Que ne m’as-tu, mère, faite capucine
Que j’étouffe dans ma soutane
Mes vingt années de grâce bédouine
Et vos vingt siècles d’irrévérence ?
Tu ne m’avais rien dit de ce vertige mutin,
Secrète volupté des anciennes guerrières,
Péché furtif des amantes de Grenade,
Qui vous envoûte femmes de ma terre
Depuis les premières coupes berbères
Et qui me prit, mère, au premier lait de ton sein…
La soupe a refroidi, Katia
Et notre porte se dénude de ton odeur…
Ne pourrais-tu, Houda, écourter la nuit sur la plaine ?
Le soleil ne se lève plus sans ton ombre.
Sur Haouch Boudoumi guette avec moi les hirondelles
Houria, à l’une d’elle tu reconnaîtras une mèche d’Amel.
J’ai entendu le lierre blasphémer
Et une libellule maudire les ancêtres :
Jusqu’à quand poursuivrez-vous nos filles
De votre malédiction de la lumière ?
N’avez-vous pas assez d’adolescentes nues
Pour peupler vos légendes
Et de vierges insurgées
Pour remplir vos cimetières ?
Combien faudra-t-il à cette terre
De sang de jouvencelles
Et de nymphes poseuses de bombes
Pour qu’y germent enfin des torches dans sa nuit ?
Ne savez-vous pas que les vigiles des ténèbres
Ont toujours eu peur des sourcils libérés ?
Pourquoi fallut-il à vos déesses une autre guerre
Pour crever ce voile noir sur le ciel d’Alger ?
Que ne m’as-tu faite, mère, apatride et sans vanité
Que j’oublie parfois de m’enorgueillir
De mes vingt années de souveraineté
Et de vos vingt siècles d’impertinence ?
Tu m’as transmis une fièvre démodée
Et j’ai suffoqué de tant d’impiété
Que me remboursaient Dieu et l’histoire.
Je l’avais sentie monter en tignasse noire,
Autour de mon front de femme ressuscitée,
Cette fronde, mère, au premier lait de ton sein
Je t’appellerai Djamila et tu revivras, Katia
Au bras du chanteur napolitain,
Une crinière sur ta voix,
Et se rallumera le fusain
A l’appel d’un rêve exaucé
Sur Alger délivrée de ses cagoules…
Je t’appellerai Z’hor, Samia ou Ourida,
Et chaque nom t’embellira, Nour-El-Houda.
A douze ans tu fis trembler le Diable :
Tu as dit non à sa nuit
Et l’enfer se résigna.
Je t’appellerai Hassiba et tu te retourneras :
Amel, depuis la première flèche sur un croissant
Sur cette terre toutes nos sirènes hantent le même destin :
Elles naissent d’un ciel inespéré sur nos obscurités
Et brûlent leurs corps dans nos désespoirs.
Nous survivons tous par leurs filets de lumière
Qu’elles ont plantés au cœur de la nuit
Et nous rêvons de ce fil d’or du caftan sacré et de la pelisse de Dieu,
Pour broder ce message sur ta plaine soulagée :
« Merci… ».
Je suis fatigué, fils,
De ma prison et de toutes les prières qu’on m’a confiées
Mais sache, avant de t’en aller,
Si tu redoutes le chemin noir,
Que désormais nous savons tout du chandelier.
D’une flammèche nue et têtue,
Les sirènes de ma terre,
Violées, torturées puis égorgées,
En soixante années de calvaires,
Les sirènes de notre terre
Ont éclairé nos odyssées,
Allumé un bout d’orgueil
Et donné un nom à nos mères…
Med B.
Prison EH – Février 2006
A la mémoire de Katia, Nour-El-Houda, Amel et toutes les adolescentes assassinées par les islamistes

C’est émouvant !!!
Tout simplement, ca m’a fait pleurer…
même si on a survecu à cette torture morale et physique des sanguinaires intégristes, on oubliera jamais que nous étions toutes leur cible. Si le clan d’oujda leur a pardonné..???? Nous, on pardonnera jamais…
Oui katia, tu reviras!!!
Tu revivras en nous, tu es ancrée dans nôtre mémoire et à jamais, et on racontera à nos filles comment que tu as défié ces monstres sanguinaires.
Repose en paix Katia !!! On pensera toujours à toi !!
je vis en France et j’ai une petite fille qui a pour prenom KATIA, à travers ma fille et à travers toutes le Algeriennes tu sera toujours vivante pour nous;et un jour des jours heureux viendront et tout le peuple algerien comme un seul homme parlera de toi comme une heroine, sache KATIA, paix à ton ame que decidemment tu fais partie de notre notre histoire et qu’on ne t’oublira pas, repose en paix ma petite
ma fille qui a maintenant 8 ans se prénomme Katia en hommage à celle qui restera le symbole à la résistance de ces barbares sortis d’une autre ère, pour elle et pour tous les martyres de la Liberté on se doit de rester debout et de les combattre dans tous les espaces, on doit combattre aussi ce pouvoir qui n’a que trop durer et qui est la source des malheurs de notre cher pays.Bonne fete à toutes les Femmes, l’avenir de ce pays.
merci mohamed pour cette article,
j’ecris ces quelques lignes les larmes dans les yeux: katia 17ans, nour el houda 11 ans, des bébés dans les fours, a chaque fois que je pense a l’article du matin que je veux retrouver, sur ce papa qui decouvre le corp de sa fille dans un charnier, quelques années apres c’est une eleve de primaire jeté vivante dans un puit……………….. et ils parles de pardon……… unjour le ciel rendra justice, a defaut nous devrons tjrs avoir une pensé pour eux pour l’étérnité, c ‘est notre prix a payer pour notre dignité. que c’est fils de p…. de barbus et de gouvernants sache que dieu vous chatiera et sa justice vous ne pourrais jamais vous l’epargnerais.
c’est nous sommes morts.