Le Matin d'Algérie

Algérie : Bouteflika réprime une manifestation des autonomistes kabyles

Des violences policières ont été perpétrées à l’encontre des militants du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) lors d’une manifestation pacifique qui s’est déroulée hier dans les artères des deux grandes villes de la Kabylie, Tizi-Ouzou et à Béjaïa, pour marquer la célébration du 1er Yennayer 2960 ( premier jour de l’An Amazigh ), réunissant près de 15000 personnes selon les organisateurs, 7000 selon la police algérienne.

On parle de plusieurs blessés graves suite aux affrontements avec la police algérienne

Contacté par le Matin-Dz où New York, où il s’est rendu afin de défendre le dossier de l’autonomie de la Kabylie auprès des instances internationales et des ONG, Ferhat Mehenni, le leader du Mouvement, affirme que neuf éléments du MAK ont été enlevés par les forces de sécurité algériennes dès le début de la manifestation. « Nos militants sont en danger de mort et nous alertons l’opinion nationale et internationale ! » soutient M. Mehenni. « La situation est devenue dangereuse et intenable pour la population kabyle »

Pour le leader du mouvement autonomiste, cela traduit une crispation du pouvoir algérien à l’égard de cette question de l’autonomie et augure de jours difficiles.

Il rappelle que des membres des familles des militants auraient été intimidés par les services spéciaux algériens lors des jours précédant la manifestation.

Le Secrétaire National adjoint du MAK, chargé de la logistique a été arrêté dans la nuit du 8 au 9 janvier 2010, à Sidi Aich (Vallée de la Soummam) vers 23h pour être relâché à 3 heures du matin. Nadir Chelbabi fut intercepté par la police, en rentrant chez lui.

On rappelle qu’un mandat d’amener a été délivré à l’encontre de Ferhat Mehenni au printemps 2009.

Quant à la marche elle-même, « elle est un succès vu les multiples pressions exercées par le Pouvoir et de ses relais », selon le leader du MAK.

La marche a démarré vers 11h du portail principal de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou. Tout au long de leur périple, les manifestants ont scandé les slogans habituels des manifestants kabyles, hostiles au Pouvoir algérien et revendiquant les libertés démocratiques et un statut pour leur langue maternelle.

L.M.

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