Le Matin d'Algérie

Benchicou rencontre la presse internationale au 26è Salon de Saint-Just

Il a lancé un appel pour la solidarité avec le peuple algérien et les démocrates aux prises avec un pouvoir aux pratiques totalitaires et corrompu et avec l’hydre intégriste islamiste.

«Ce n’est pas avec des dictatures que l’on parviendra à juguler les deux phénomènes qui inquiètent l’Europe : l’immigration clandestine et le terrorisme.

Mohamed Benchicou, directeur du Matin, suspendu depuis 2004, était l’invité spécial du 26e Salon international de la caricature, du dessin de presse et d’humour, à Saint-Just-le-Martel, près de Limoges.

Après avoir tenu un conférence de presse organisée par le Club de la presse du Limousin et l’antenne régionale de Reporters sans frontières (RSF), il a animé une séance de vente-dédicace du livre “Bouteflika : une imposture algérienne”, livre qui continue de susciter un grand intérêt en Europe.

Au cours de sa conférence, et de ses interviewes accordées au journal «le Monde», à Radio France et à plusieurs médias européens, Mohamed Benchicou a appeler à «regarder autrement l’Algérie et le pouvoir corrompu qui dirige le pays». Il a lancé un appel pour une solidarité agissante avec le peuple algérien et les démocrates aux prises avec un pouvoir aux pratiques totalitaires et corrompu et avec l’hydre intégriste islamiste, les deux étant sur le point de faire alliance sur le dos de la société algérienne et de ses ambitions démocratiques. Il a appelé à la solidarité avec les syndicalistes harcelés, les intellectuels muselés, les jeunes jetés au désespoir et à la mer, les familles victimes du terrorisme bafouées…

«Ne vous y trompez-pas : ce n’est pas avec des dictatures que l’on parviendra à juguler les deux phénomènes qui inquiètent l’Europe : l’immigration clandestine et le terrorisme. Bien au contraire. Je voudrais expliquer à nos amis européens que c’est l’oppression qui alimente l’émigration et que la question de la démocratie doit être au cœur du débat sur l’immigration clandestine. Tant que nos pays ne seront pas démocratisés, tant qu’ils seront livrés à des oligarchies illégitimes qui se maintiennent au pouvoir par l’oppression, il subsistera le phénomène de l’immigration. Les Algériens ne fuient pas leur pays pour manger le pain français ou belge ou espagnol, mais pour fuir l’impasse totalitaire, jouir non de votre pain mais de ce qui leur manque le plus : la liberté.

De la même manière, le pouvoir algérien, contesté par la société et obsédé par rester aux commandes, n’est pas dans une démarche de combat contre le terrorisme, mais dans une posture de pacte mafieux avec l’intégrisme.

La réconciliation nationale avec les islamistes sert à maintenir coûte que coûte le pouvoir en place, en utilisant la régression religieuse. Il pourrait profiter de l’aubaine pétrolière (et donc de moyens étatiques et financiers exceptionnels) pour s’attaquer de front à l’éducation et à la démocratisation du pays mais le régime en place la redoute car elle pourrait le confronter à de nouveaux contre-pouvoirs issus de cette société civile en marche. Il lui préfère les islamistes… Al-Qaida a choisi de s’installer dans le pays à l’Etat le plus faible et le plus proche des idées islamistes».

Mohamed Benchicou avait reçu l’an dernier une distinction à ce même salon, mais n’avait pu s’y rendre faute de passeport retenu par les autorités algériennes.

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