Décidément, les pouvoirs en place dans les pays du Maghreb n’aiment pas du tout la presse et multiplient les atteintes à la liberté d’expression. Le quotidien marocain arabophone Akhbar el youm vient d’en faire les frais. La cause: La parution d’une caricature du prince Ismail, cousin du roi Mohamed VI, en relation avec la célébration d’un mariagepar la famille royale à Rabat.
Son numéro du weekend 26 et 27 septembre a été saisi et la police a posé des scellés à son siège, à Casablanca, interdisant au personnel l’accès aux locaux. Cela fait suite à la décision du ministère de l’Intérieur de poursuivre le quotidien en justice pour « non respect dû à un membre de la famille royale ». Une disposition du code de la presse.Le Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du nord « WGFENA » qui condamne cette atteinte, estime que cette disposition doit être réformée car elle ouvre la porte à des interprétations qui peuvent entraver la liberté de la presse, et que la décision des autorités de fermer le siège du journal est entièrement contradictoire avec la loi puisque le code de la presse ne la prévoit pas.Le WGFENA exprime son indignation suite à la convocation du directeur de la publication, Taoufiq Bouachrine, pour être interrogé mardi soir par la police judiciaire à Casablanca.
Rappelons qu’en août, les hebdomadaires Tel Quel (francophone) et Nichane (arabophone) ont été saisis pour avoir publié un sondage sur la monarchie. Des actions en justice sont également en cours à l’encontre de plusieurs journalistes, accusés d’avoir publié, récemment, une « fausse information » sur la santé du roi Mohammed V.
L.M
