Le Matin d'Algérie

Les dérives de la presse algérienne

« Que Dieu nous protège de la race jaune », c’est en ces termes qu’un plumitif du quotidien arabophone El Khabar finit son article dans l’édition du 9 septembre 2009. Comme titre, un jeu de mots douteux: « Mariage noir pour bonne situation ». L’article, non signé, décrit les femmes algériennes comme des proies facile pour les travailleurs asiatiques en Algérie, au moment où des jeunes algériens immigrés en Afrique du sud cherchent désespérément un mariage avec des femmes sud-africaines, pour avoir une carte de séjour.

Dans son édition du 13 septembre 2009, Le quotidien francophone Liberté, qualifie les travailleurs égyptiens de Haraga à la Une. Le journaliste était embarqué dans une voiture de gendarmerie pour accomplir sa mission. Ce qui est complètement contraire à l’éthique journalistique. Dans son article, il assimile ces pauvres ouvriers égyptiens à des criminels, en employant plusieurs termes péjoratifs : acolyte, bicoque, mensonge, haraga. Le journaliste rappelle l’importance des lois algériennes traitants des questions liées à l’immigration clandestine mais ne dit rien des mesures draconiennes liées à la régularisation des étrangers en Algérie. En cela on comprend que nos migrants en Europe sont des victimes alors que les migrants des autres pays en Algérie sont des coupables.

Le coup de chapeau, il mériterait un prix spécial, est celui d’une journaliste de quotidien arabophone Enahar. Dans son reportage dans un village en kabylie, la journaliste profite de la naïveté et la simplicité des gens pour leur demander s’ils font le ramadan ou pas. Bien sur, une partie des personnes interrogées ont répondu qu’ils ne le faisaient pas. La journaliste décontenancée par ces réponses franches et visiblement n’arrivant plus à se maîtriser, n’a rien trouvé d’autre que de faire dans la délation, en allant frapper à la porte du commissariat pour dénoncer ces non jeuneurs. Sa frustration fut alors grande, quand la police ne voulait pas réagir.

Ces dérives de la presse algérienne tendent à prendre de l’ampleur ces derniers temps. Quand des journalistes, qui sont sensés, faire un métier noble : informer les gens, voir contribuer à l’émancipation de la société, déraillent ; Il y a vraiment danger sur la société.

Amirouche Nedjaa

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