Le Matin d'Algérie

Non à l’amnistie des crimes coloniaux !

Amnistie et Repentance : « Comme le colonialisme français et anglais, l’impérialisme américain est un mauvais élève » ( Le Général Giap, héros de la Guerre de Libération du Viet Nam ). Ce n’est certes pas en faisant concession sur concession à leurs héritiers qu’on arrivera à leur faire regretter les crimes, méfaits et génocides sauvagement perpétrés par leurs aieux. Les exemples de l’Algérie et de la Libye sont édifiants. La première a choisi de « tourner la page » et de recevoir en fanfare Valéry Giscard d’Estaing, en 1974. Elle n’a rien obtenu en retour de ce geste historique unilatéral ni de ceux qui l’ont suivi d’ailleurs, pis encore, le gouvernement français a récemment adopté une Loi scélérate « glorifiant les bienfaits du colonialisme » et refuse de présenter la moindre excuse officielle au peuple algérien pour ces génocides. La Libye, par contre a adopté une attitude plus ferme vis à vis de l’Italie ex-puissance coloniale ( pour un peu plus de trois décennies ) et a refusé de recevoir tout haut dignitaire italien avant une présentation officelle d’excuses et une compensation financière conséquente pour les 30 000 Libyens assassinés par les troupes d’occupation italiennes. Elle vient d’obtenir gain de cause sur tous les plans. Ainsi, les deux milliards de dollars US, qui ont été versés par le Gouvernement libyen aux familles des victimes des attentats contre les vols « Lockerbie » et « UTA », perpétrés par les Services de Sécurité libyens, ont été largement récupérés. Ce compromis juridico- financier a également permis un retour fracassant de la Libye sur la scène internationale et la normalisation de ses relations avec les pays occidentaux dont elle est devenue un « allié stratégique » ( Gordon Brown, Premier Ministre britannique ) dans la région de l’Afrique du Nord. L’accueil réservé à El Gueddafi lors du dernier Sommet du G8 de l’Aquila ( Italie) en témoigne amplement. Il est vrai que les deux gouvernements sont mus par des considérations différentes : le gouvernement algérien cherche visiblement à instrumentaliser la question de la repentance à des fins quasi personnelles, politiciennes, démagogiques et populistes. Celui de la Libye, par contre,est motivé par les intérets supérieurs de son pays et des objectifs plus nobles. A force de vouloir être pragmatique et original on finit fatalement par devenir mou et par trahir ses principes ou ceux de son pays. Non à l’amnistie des crimes coloniaux ! Vive l’Algérie ! Gloire à nos valeureux Martyrs.

M. Benmoussa

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