Jean-Louis Bruguière, l’ex-juge antiterroriste en charge de l’affaire des sept moines français tués en Algérie, récuse les « propos mensongers de Me Baudouin », qui l’accuse d’avoir « étouffé » l’affaire au nom de « la raison d’Etat ».
L’ancien juge d’instruction antiterroriste Jean-Louis Bruguière, en charge de l’affaire des moines français tués en 1996 en Algérie, déplore « une polémique purement idéologique », dans un entretien à L’Express, mercredi 15 juillet. L’ancien magistrat répond ainsi aux « propos mensongers et injurieux de Me [Patrick] Baudouin », l’avocat des proches des religieux.
En effet, ce dernier accuse Jean-Louis Bruguière, dans une interview au site Mediapart, d’avoir « étouffé » l’affaire au nom de « la raison d’Etat ».
« Le souci de ne pas contrarier les services algériens » ?
L’avocat affirme que l’ancien juge a refusé d’entendre le général François Buchwalter, militaire avançant que les moines ont été victimes d’une bavure de l’armée algérienne. « Bruguière était chargé de tous les dossiers de terrorisme islamiste. Il les instruisait avec le souci constant de ne pas contrarier les services algériens », déclare Patrick Baudouin.
Jean-Louis Bruguière dénonce des « propos mensongers et injurieux de Me Baudouin » et avance que l’avocat ne lui a jamais fourni le nom du général Buchwalter. De plus, il « rappelle que le général Buchwalter pouvait à tout moment [le] contacter. Il a tout de même mis treize ans pour se manifester auprès de la justice », note l’ancien magistrat.
Me Baudouin l’accuse d’avoir délibérément écarté la responsabilité des autorités algériennes. Une « formule mensongère », rétorque Jean-Louis Bruguière en accusant l’avocat de ne pas défendre l’intérêt des victimes « en se faisant de la publicité avec une polémique purement idéologique ».
« Contrairement à ce que tente de faire croire Me Baudouin, je n’ai jamais été de parti pris et toujours ouvert au dialogue », conclut l’ancien juge d’instruction.
Nouvelobs.com
