Comme nous l’annoncions le 6 juin dernier (lire l’article : « Said Bouteflika ou la nouvelle « légitimité » du système » ), les partis politiques d’Amara Benyounes et de Mohamed Said devraient être bientôt agréés afin de servir de formations satellites au nouveau parti de Said Bouteflika. » Ce sera avant la fin du mois de juillet en cours », a appris tsa-algerie.com auprès d’une source proche du dossier. Le gouvernement s’apprête en effet à délivrer les autorisations d’activer à l’Union des démocrates républicains (UDR), lancé il y a quelques années par l’ancien ministre de la Santé Amara Benyounès, et au nouveau parti de Mohamed Said, le Parti pour la liberté et la justice (PLJ).
Comme nous l’annoncions aussi, la décision d’octroyer les agréments à ces deux partis a été prise directement par le président Abdelaziz Bouteflika.
Le fondement de la nouvelle « légitimité » du système repose sur la « rénovation » et la paix. La « rénovation » par une nouvelle classe politique qui remplacerait les anciennes structures discréditées ; la paix par une concession politique majeure aux islamistes radicaux : le retour sur la scène politique !
Mettre sur pied une classe politique « rénovée » ne poserait pas problème : le nouveau parti de Said Bouteflika « Génération libre » s’entourera de partis sattelites comme l’UDR d’Amara Benyounès que Zerhouni va bientôt autoriser à activer, ou comme le parti de Mohamed Said, qui devrait recevoir son homologation.
La stratégie de Said Bouteflika est celle de ces jeunes loups, heureux légataires de « tawrîth al sulta », l’héritage du pouvoir : il veulent sauver le système de papa en lui donnant une nouvelle « légitimité » ! Sans doute, cette démarche bénéficie-t-elle de l’aval américain et européen !
Said Bouteflika ne va pas s’appuyer sur les anciennes structures discréditées, le FLN ou le RND, mais sur les forces qui, pense-t-il, vont donner au système une nouvelle « légitimité » : une coalition impliquant la société « civile » et les islamistes !
C’est le but de l’amnistie.
Le calendrier est tout tracé : créer le nouveau parti et organiser un référendum sur l’amnistie avant les législatives de 2012 !
Dans la stratégie de Said Bouteflika les législatives de 2012 marqueront la mort du FLN et du RND en même temps qu’elles seront la date de (re) naissance du futur parti islamiste qui remplacera le FIS.
Le retour des islamistes radicaux à la politique est plus difficile à obtenir : il faut effacer leurs délits et les réhabiliter dans leurs droits civiques. Leur redonner un virginitié politique, en somme!
C’est le but de l’amnistie générale que s’apprête à promulger le président Bouteflika courant 2010 !
Le régime a compris que le monde a changé et que les fausses républiques arabes, les joumloukias archaïques et sclérosée, n’ont plus d’avenir : les sociétés civiles s’organisent et se renforcent alors que le discours et les anciennes structures d’encadrement des joumloukia sombrent dans le ridicule et l’impuissance. Il veut toujours accéder au pouvoir, mais dans une « Algérie démocratique », adaptée à son époque, et avec une nouvelle « légitimité », sans rien devoir au passé !
Il sera chef « légitime » d’une Algérie rénovée et non pas l’héritier d’un père putschiste !
Ainsi, du moins, pense-t-il…
L.M.
