Le président français Nicolas Sarkozy a souhaité lundi que la justice « aille jusqu’au bout de son travail » dans l’enquête sur le massacre des sept moines français de Tibéhirine (Algérie) au printemps 1996. M. Sarkozy était interrogé, à l’issue d’un sommet franco-britannique à Evian (Haute-Savoie), sur le témoignage de l’ancien attaché militaire français à Alger devant le juge antiterroriste chargé de l’enquête, selon lequel ce massacre, longtemps imputé à un groupe islamiste, résulte en fait d’une « bavure » de l’armée algérienne.
« Il y a un juge d’instruction qui est en charge de ce dossier, la justice est saisie. Les déclarations de ce témoin ont été faites devant un juge. Laissons la justice faire son travail », a dit M. Sarkozy. « Que puis-je dire maintenant, si ce n’est compliquer le travail de la justice? Et on verra à l’issue de cette instruction ce qu’il en sera. Que la justice fasse son travail, aille jusqu’au bout de son travail, je n’ai pas d’autres commentaires à faire », a conclu le chef de l’Etat, en soulignant qu’il s’agissait d’un « drame qui (l)’avait bouleversé » et qu’il s’était lui-même rendu sur place.
Selon le témoignage de François Buchwalter, un général à la retraite, les moines ont été tués dans un raid d’hélicoptères militaires alors qu’ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de djihadistes. L’avocat des parties civiles, Me Patrick Baudouin, a estimé que ce témoignage constituait la preuve qu’il y avait eu « dissimulation de la part des autorités algériennes et certainement de la part des autorités françaises » sur les circonstances de la mort des sept religieux français.