M. Tarik Mira, député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) affirme, dans une déclaration qu’il vientde rendre publique, que son parti a violé sa boite mail et, plus grave, l’accuse d’espionnage au profit de l’étranger.
» Le président du parti fait référence à trois mails écrits par mes soins pour établir «ma trahison du parti». Je ne m’appesantirais pas sur cette infamie. Je reviendrais une autre fois plus longuement là-dessus. Ce qui saute aux yeux d’emblée est la gravité de l’acte de l’obtention de ces mails. Le secret de la correspondance, droit garanti par la constitution et des pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme, est violé délibérément. Un véritable scandale passé par pertes et profits qui indique de façon flagrante la nature du fonctionnement interne de type policier. Pour un parti qui réclame la construction de l’Etat de droit, c’est un avant-goût de ce que fera demain son président s’il accédait aux affaires, selon la formule de consacrée. Une fois de plus se vérifie l’adage de tout pouvoir totalitaire, de surcroît personnalisé: la fin justifie tous les moyens ! Il y a pire encore. Le président du RCD susurre ici et là que j’aurais commis plus grave fait que la première «accusation» : soit l’intelligence avec l’étranger. Retourner les arguments dont le parti fut affublé par ses adversaires contre ses propres militants est proprement indigne. Mais rien ne me surprend: plus le mensonge est gros, mieux ça passe. Il y a là ni plus ni moins une tentative d’assassinat symbolique, qui plus est envers le fils d’un héros de la lutte de libération nationale. Et la matière, il y a beaucoup à dire. Je défie quiconque de mettre sur la place publique ne serait ce qu’un début de preuve là-dessus, et ce malgré les effractions répétées et intéressées de la boite émail. «
M. Mira qui dit avoir démissionné de sa propre initiative de l’instance exécutive, vient de recevoir une lettre signée du secrétaire national à l’organique le suspendant de ses activités du parti en attendant son passage devant la commission de discipline.
Le député écrit : » Comme dans la tradition des procès politiques, l’atmosphère précédant la sanction finale doit être lourde et orientée. Et, dans ce cas, un acteur de haute voltige campant le rôle de procureur, en l’occurrence le président du parti, doit amener l’opinion à croire en ses interprétations.
La tradition est maintenant bien huilée. A chaque départ et cycle de purges, le président doit se présenter comme la victime, garant de la protection du parti. Bien sûr, le président et son parti ne font qu’un. Mais peut-il avoir tout le temps raison et contre tout le monde ? En réalité, ce centralisme amène automatiquement à ce genre de dérives. L’essentiel est que le chef soit sauf. La centralisation de la décision crée une imbrication étroite entre le fonctionnement antidémocratique, la gestion opaque et une ligne politique erratique. «
C.B.
