Le Matin d'Algérie

Le film de Rachedi est utile

Je ne suis pas d’accord avec ceux qui affirment qu’on ne devrait pas faire de films sur les pères de la Nation. Quand on fait des réalisations en images, sur Benboulaïd, Ben M’hidi et les autres, c’est un grand progrès et un grand honneur. C’est toute l’histoire de l’Algérie qu’on revisite. J’aimerais bien qu’on tourne des films sur Amirouche (Aït Hamouda), Didouche Mourad… Ceux qui critiquent cela n’aiment pas le septième art dont le premier rôle est d’abord de nous faire rêver et ensuite de nous rappeler les hommes et les femmes qui ont symbolisé le combat de l’indépendance. Il y a des centaines de milliers d’Algériens qui se sont sacrifiés. Mais il n’est pas possible de les citer tous dans les livres d’histoire ou d’écrire un scénario pour chacun d’eux. C’est pourquoi les historiens dans leurs livres citent les principaux repères, les principaux événements et les personnalités les plus saillantes lorsqu’ils font oeuvre de mémoire. Il serait fastidieux et irréalisable de chercher à mettre en avant tous les acteurs de la guerre d’Algérie. Et il n’y a par conséquent aucune honte à faire ce qu’a fait Rachedi sur Mustapha Benboulaïd. A travers ce dernier, nous retrouvons tout simplement un pan entier du soulèvement du 1er novembre 1954, une page importante de notre Révolution, n’en déplaise à certains. Il y a bien des films sur Georges Washington, Mao Tsé Toung, Che Guevara, Jean Moulin, Ataturk…etc. Quant à Messali Hadj, ce n’est pas même la peine d’en parler. Les commentaires postés à son sujet démontrent une ignorance crasse du parcours de cet homme. A votre avis, qui a créé le P.P.A.-M.T.L.D., pépinière d’où sortiront tous les principaux dirigeants du futur F.L.N.? Qui, dès 1926 (Fondation de l’ENA), a commencé à parler le premier, de l’indépendance de l’Algérie ?D’accord, il a ensuite dévié, suite au congrès de Hornu en 1954, avec l’instauration du culte de la personnalité (qui est toujours à l’ordre du jour depuis l’indépendance). En créant le M.N.A., il s’est discrédité et provoqué des règlements de compte sanglants entre Algériens. Mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu, ce qui appartient à Dieu.

Amine

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