Un des plus anciens membres du conseil national du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RC D) depuis 1989, M. Kechah Ali, a démissionné du parti la semaine dernière, en réaction à la montée des « pratiques décriées par nous les militants de la culture et de la démocratie » et « et érigées en système de gestion ».
Dans sa lettre de démission, le dirigeant du RCD affirme que « l’opacité, le clientélisme, le sectarisme, la chasse aux sorcières, l’absence de débat et le zaimisme battent leur plein » dans le parti.
» Nos cris de détresse et nos remarques sont curieusement restés lettre morte. »
M. Kechah exprime au président du RCD sa tristesse:
« En 1990, je portais fièrement mon titre de plus jeune maire. Je croyais en ce que je défendais et je puisais dans mes plus profondes réserves humaines et matérielles personnelles pour avancer vers cet idéal démocratique qui est le mien et que je partage avec une génération de militants dans un cadre rassembleur qui se battait pour notre culture et asseoir les bases solides d’une démocratie naissante à la faveur de l’ouverture démocratique consacré par la constitution du 23 février 1989.
Ma vie familiale et professionnelle s’est confondue avec celle de mon parti, le RCD.
J’ai gravi sereinement tous les échelons de la responsabilité organique de la section au conseil national en passant par des mandats électifs communal et wilayal.
Ces charges assumées en toute humilité sont le fruit de mon engagement sincère et de ma disponibilité militante reconnus par tous mes compagnons avec qui j’ai eu l’honneur de partager le combat.
Malheureusement, les pratiques décriées par nous les militants de la culture et de la démocratie ont fait leur apparition au sein même de notre formation politique, le RCD. Pire encore, ces pratiques sont entretenues et érigées en système de gestion. L’opacité, le clientélisme, le sectarisme, la chasse aux sorcières, l’absence de débat et le zaimisme battent leur plein. Nos cris de détresse et nos remarques sont curieusement restés lettre morte.
Monsieur le Président, le bateau a changé de cap et je doute fort que cela soit uniquement le vœu ou l’œuvre d’un simple technicien de bord.
Ma pensée va vers tous ceux qui sont morts pour notre parti. Ils ont payé le prix fort.
Ma sympathie va vers tous ceux qui ont été humiliés et chassés par leurs propres ex-compagnons.
Je ne peux nullement cautionner encore plus des dérives internes que nous sommes sensés combattre chez les autres.
Pour tout cela, Monsieur le Président, veuillez accepter ma démission définitive du RCD à compter de ce jour.
Je reste disponible pour mes concitoyens pour défendre leurs intérêts dans le cadre associatif.
Salutations. »
KECHAH Ali
Membre du Conseil National du RCD depuis 1989 à ce jour
Ancien P/APC de Ait-Mélikèche (1990-1993)
Ancien Elu APW de Béjaia (1997-2002)