En visite dans la wilaya de Béjaïa, le candidat Bouteflika a démontré, une fois de plus, que le cynisme n’a pas de limites, chez lui.
Au cours de son meeting à la Salle omnisports dans le cadre de la campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril, le candidat Bouteflika a, en effet, évoqué les émeutes meurtrières de 2001 qui ont endeuillé la Kabylie et fait 126 victimes. Une larme à l’oeil, le chef de l’Etat a reconnu que la région avait « souffert » et, sans rire, a appelé à « ne pas oublier les victimes du printemps noir » !
On croirait rêver ! Mais qui donc qualifiait ces émeutes de « manipulation par la main de l’étranger » ? Et ne doit pas « oublier les victimes du printemps noir », sinon le pouvoir qui tarde à faire la lumière sur ce génocide ?
M. Bouteflika a demandé à la population de Béjaïa d’ouvrir une « nouvelle page » car, estime-t-il, l’Algérie « a besoin de paix, de sécurité et d’amour et ceci concerne tous les citoyens ». « Béjaïa n’existe pas sans l’Algérie, comme il n’y a pas d’Algérie sans Béjaïa ».
Des mots. Des mots creux enveloppant un comportement machiavélique.
Des mots creux et de l’argent. Bouteflika a promis que Béjaïa aura un programme spécial de développement.
« J’ai le plaisir de vous annoncer qu’un programme de développement spécial pour la wilaya de Béjaïa est déjà prêt et que l’enveloppe budgétaire pour sa mise en œuvre, est disponible », a dit le candidat Bouteflika, selon des propos rapportés par son site officiel bouteflika2009.com.
Abdelaziz Bouteflika a demandé à la population locale de « garder patience pour quelques jours » pour connaître les détails de son programme de développement.
Le chef de l’Etat ne sait toujours pas qu’il y a des choses qui ne s’achètent pas.
L.M.