C’est la toute dernière ruse de Bouteflika : « A ce jour, il ne sait toujours pas s’il sera candidat ou non à l’élection présidentielle du 9 avril prochain. »
A 13 jours du dernier délai de dépôt de candidatures, l’homme qui a amendé de force la Constitution « ne sait toujours pas s’il sera candidat ou non à l’élection présidentielle » ! Si, si ! Il l’a même dit pour que cela soit répété, et il l’a dit dimanche en audience, au siège de la Présidence, au président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini.
Présente à cette audience, qui aura duré trois heures, Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, confirme à El Watan la teneur de ces propos.
« Bouteflika n’a pas encore tranché sur sa candidature au scrutin d’avril 2009 » confie-t-elle hier au téléphone. « Bouteflika a indiqué qu’il réfléchissait et regardait autour de lui pour en savoir davantage sur la personnalité à même de prendre sa succession à la tête de l’Etat », révèle Mme Ghali. Au cours de la même audience, le Président a fait savoir à ses interlocuteurs français qu’il était conscient que l’heure du changement est venue. « Il disait qu’il s’est rendu compte que les choses évoluaient dans le monde vers davantage de démocratie et qu’il est persuadé que le pays a besoin d’une grande personnalité pour prendre les destinées de l’Algérie. »
En revanche, une chose est certaine : les confidences du président ont été livrées d’une manière très spontanée, à en croire Samia Ghali. « J’ai trouvé Bouteflika vif et alerte. Il ne donnait pas l’impression d’être fatigué ou usé », dit-elle
« Alors que tout le monde, ou presque, tient pour acquis la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à sa propre succession, ces révélations risquent de jeter le trouble. »
Pas tant que ça, cher confrère…
Bouteflika lance une dernière « chasse au corniaud », espérant susciter de grosses candidatures de dernière minute. Si la chasse se double d’une opération de marketing pour relever son image, c’est tant mieux…
L.M.