Ce dimanche matin, après deux jours d’embrasement, la ville de Berriane, dans la wilaya de Ghardaïa, était coupée du reste du pays. Dans la nuit, le bouclage a été renforcé. D’autres forces de sécurité sont venues s’ajouter au renfort impressionnant de la Gendarmerie nationale arrivé sur les lieux dans l’après-midi. Ils ont procédé au bouclage de toute la ville. A l’entrée de la ville, plusieurs camions de la Gendarmerie nationale et de la police antiémeute plantaient déjà le décor. Au fur et à mesure que l’on s’engouffre dans la ville, des pneus brûlés sur la chaussée de la RN1 étaient encore visibles. La chaussée était couverte de pierres. Toutes les routes débouchant sur la RN1 et qui partagent les deux communautés sont bouclées.
Les affrontements entre les communautés mozabite (les ibadites) et arabophone (les malékites) qui ont commencé vendredi se sont poursuivis hier dès le lever du jour, faisant un autre décès et des dizaines de blessés (58, selon le bilan officiel). En outre, plusieurs locaux commerciaux ont été incendiés et saccagés. Ce qui porte le nombre de morts à deux. L’on signale également une personne se trouvant dans un état grave. La personne décédée hier, Kerouchi Omar, a été achevée avec un pavé par un groupe de personnes. Sans électricité, Berriane est depuis deux jours plongée dans le noir. Une situation qui a ajouté de la frayeur au drame vécu par la population.
Le wali de Ghardaïa a été obligé, sous la menace de dégradation de la situation, d’annoncer le couvre feu et ce, du vendredi soir au samedi matin, après l’échec des services de sécurité à réouvrir la Rn1, qui a été fermée par les manifestants plus de six heures en moins de vingt quatre heures.
K.S.
