Même la grande-Mosquée d’Alger n’aura donc pas échappé aux pratiques mafieuses et à la corruption, si on en croit la lettre de deux architectes algériens émérites et dont il convient de saluer le courage ( lire nos deux articles « Du rififi autour de grande-Mosquée d’Alger »). Un clan se serait emparé du projet et en aurait exclu tout le monde. Résultat : le projet est boudé, bâclé et suspect.
Le président de la République qui devrait désigner ce soir le bureau d’études qui devra concevoir l’édifice, se trouve coincé. Son projet est décrié après avoir été boudé par les professionnels. Il est entaché de suspicion. Bouteflika va-t-il quand même trancher au risque de valider une opération mafieuse ? Voilà une énième affaire de corruption qui pointe le nez. Pour 3 milliards de dollars, on comprend que les loups sortent de la tanière.
Deux conclusions s’imposent :
1. Plus aucun projet n’échappe désormais aux clans mafieux, même s’il est de nature religieuse. L’organisme chargé du projet, l’Agence nationale de réalisation et de gestion de la Mosquée d’Alger, aujourd’hui suspectée de pratiques louches, est pourtant placée sous la tutelle du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs qui l’a créée par décret exécutif, en avril 2005 !
2. Le président de la République a lui-même donné le mauvais exemple et encouragé les pratiques suspectes en décidant de choisir personnellement le bureau d’étude qui concevra le monument. Au mépris de la réglementation. Quand un chef d’Etat foule aux pieds la loi, c’est une invitation aux petits prédateurs à en faire de même.
M.B.
