« Nous aimons le salafisme, il existe dans notre religion, alors soyons des salafistes même dans notre citoyenneté ». Ceci n’est pas une déclaration d’un prédicateur salafiste, mais bel et bien celle du secrétaire général du RND Ahmed Ouyahia.
Qui l’eût cru ? Ahmed Ouyahia faisant la promotion de l’islamisme rétrograde ? L’Algérie sous Bouteflika aura tout connu et vécu. En campagne pour les législatives de mai 2017, Ahmed Ouyahia fait vaciller, depuis Tamanrasset, le temps d’une déclaration, l’image d' »éradicateur » qu’il traîne depuis les années du terrorisme.
Se posant en grand protecteur de l’Algérie contre le terrorisme et le régionalisme, Ahmed Ouyahia rappelle qu’il « faut être vigilant pour préserver la paix dans notre pays ». Avant de fustiger les ONG qui dénoncent les pratiques peu scrupuleuses du pouvoir algérien à l’encontre notamment des immigrants subsahariens. « Vous laissez des associations et des ONG vous donner des leçons ! Nous les voyons faire des allers-retours, mais en réalité, elles viennent pour salir notre image et dire que nous n’aimons pas les pays voisins ». Ouyahia aime à noyer le poisson dans l’eau ! En convocant les sentiments nationalistes, il fait oublier la question humanitaire qu’est l’accueil des réfugiés. Aurait-il donc oublié que plus d’un million d’Algériens étaient réfugiés au Maroc et en Tunisie pendant la guerre de libération ?
Avant de finir son raout empreint de démagogie, il lâche cette déclaration très ambiguë, à la limite du racisme. « Avant tout, l’Algérie appartient, d’abord, aux Algériens ». Sous-entendu que les autorités algériennes ont le droit d’expulser, dans l’indignité totale, les pauvres migrants subsahariens des pays voisins. Belle évolution, monsieur Ouyahia !
L’homme politique habitué des bureaux feutrés de la présidence aurait-il tourné casaque pour de vils besoins électoralistes ? Ou vise-t-il plus loin que ça ? Nul besoin de réponse. L’avenir proche nous le dira.
La rédaction
La déclaration d’Ahmed Ouyahia à Tamanrasset
