Le Matin d'Algérie

Après Bouteflika le hâbleur, voici Fillon le bonimenteur !

On ne peut commenter cette tempête politico-médiatique qui agite la France sans rendre un hommage soutenu à Isabelle Barré, Hervé Liffran et Christophe Nabili, ces journalistes du « Canard enchaîné » à l’origine de l’enquête sur François Fillon et Pénélope le filon (qualificatif repris du canard)!

En lisant l’article, on comprend mieux pourquoi à la question relative à d’éventuelles plaintes contre la canard enchaîné, le candidat de la droite s’est borné à répondre qu’il n’hésiterait pas à attaquer en justice ceux qui ont utilisé le qualificatif d’emploi fictif, car tel adjectif n’apparaît sur aucune ligne de l’article du Canard, lequel se contente de reproduire son enquête avec un zest d’humour des plus incisifs. Un humour amplifié par des croquis délicieux qui font dire à François Fillon :

– J’ai juste inventé le revenu universel pour ma femme sans emploi, voilà tout !

– Pour bien servir la France, il faut déjà être capable de servir les siens !

Sacré canard !

À moins que dans le vocabulaire de l’ex-futur président, faire référence à « des emplois très aidés » (toujours selon « Le Canard enchaîné ») représente une forme de fiction dont les journalistes se doivent de rendre compte, la mare aux canards n’a pas de quoi s’inquiéter, pour l’instant.

Ainsi donc, Monsieur Fillon ne serait pas ce qu’il est (selon ses propos) sans l’aide de Penny ! Nous savions que derrière chaque grand homme se cache une femme, mais en voulant attribuer à Pénélope le mérite de son ascension, notre ex-futur président se noie dans une posture défensive bien légère eu égard à la gravité des faits qui lui sont reprochés. Et les faits tels que rapportés par « Le Canard enchainé » les voici résumés : En 2001, Penny perçoit un salaire mensuel brut de 3900 euros. L‘année suivante ce traitement (fictif ou pas) grimpe à 4600 euros, avant de carrément exploser pour atteindre 6900 euros dès juillet 2002, et 7900 euros en 2006 ! En termes de progression de carrière, on ne peut qu’admirer l’excellente performance de madame l’ex-future première dame !

Mais le plus insolite dans cette affaire « d’emplois aidés » ce sont ces 100.000 euros déboursés par « La Revue des deux mondes » en faveur de Pénélope, recrutée comme « conseiller littéraire » pour pondre deux notes de lectures dont la totalité des lignes ne dépasse pas une page et demi ! C’est donc une rémunération de75.000 euros la page dont a bénéficié notre critique hors classe. De quoi décourager et faire jeter l’éponge à tous ces journalistes et autres chroniqueurs de métier qui se contentent de quelques miettes pour un travail colossal, bien souvent à leurs risques et périls ! Le cas Mohamed Benchicou, chez nous, est à ce titre, on ne le dira jamais assez, l’exemple singulier d’un combat journalistique considérable contre ces imposteurs de la politique qui portent des habits de moine pour recouvrir leurs âmes de truands dans le but évident de tromper et de piller le citoyen naïf !

François Fillon n’est peut-être pas un brigand de la stature de Bouteflika et son clan, mais à travers ces révélations, c’est tout un pan de morale politique qui s’écroule ! Et, en ces temps d’incertitudes, cela ne fait que rajouter de la peur et de l’angoisse aux p’tits peuples qui ne savent plus à quels saints se vouer pour entrevoir des lendemains meilleurs !

Avec Vladimir Poutine l’acariâtre en Russie, Donald Trump le bellâtre en Amérique, il ne manque plus à l’appel des sirènes de l’apocalypse que Marine bleu-nuit, toilettée en douceâtre, pour anéantir ce monde et son innocence !

Kacem Madani

Quitter la version mobile