La condamnation DE OMAR BELHOUCHET et de Salima Tlemçani, aurait du interpeller beaucoup plus de monde qu’elle ne l’a fait. Car dans cette scabreuse histoire mêlant charlatanisme, justice de cour et journalisme à la recherche de la vérité, il semble clair que l’on veut faire avec le journal El Watan ce que l’on a fait, en 2004, avec le quotidien Le Matin. Et comme par hasard cela se passe à la veille de l’élection présidentielle. Il est ainsi facile, lorsque l’on veut noyer son chien, de l’accuser de la rage de son choix. Une journaliste fait son travail. Elle enquête, réunit des faits incontournables aussi têtus que la vie qui les a produits et les offre à la sagacité de ses lecteurs. Le médecin charlatan crie alors au scandale et dépose plainte pour diffamation. Le jour du procès, il est tellement convaincu de son bon droit, qu’il dédaigne se déplacer avec son avocat. C’est dire toute la considération qu’il accorde à la justice et que la justice s’accorde à elle même. La juge qui aurait du se fonder sur les faits, feint de les ignorer, fait un mauvais procès au directeur d’El Watan et prononce une sentence des plus inattendues. En fait, une sentence injuste. Bien peu de gens ont crié au scandale comme l’a souligné Leila. Ni la Faculté, ni les syndicats de médecins ou de professeurs de médecine et encore moins le Ministère de la santé, pouvoir régalien par excellence qui aurait du s’émouvoir bien avant tout le monde, par cet incroyable dépassement. Certes tout citoyen a le droit de s’adresser au juge, mais ceux-ci n’ont pas le droit de bafouer la justice et d’encourager les charlatans et la régression obscurantistes. Lorsque le Président de la République appelle à encourager la science et la technologie, pierre angulaire de tout développement et enjeu majeur au 21 siècle, sa justice ne semblant être au diapason fait tout juste le contraire. Elle sanctionne la liberté d’expression consacrée par la Constitution, piétine la vérité et assure la promotion du charlatanisme. Sommes nous donc au pays de la régression alors que le monde avance ?
Nour Zaidi