Le Matin d'Algérie

La Provence et les lièvres de Bouteflika

Dans un article intitulé « Algérie : la multiplication des candidats « autorisés », le quotidien français La Provence écrit :

À un peu plus de quatre mois de l’élection présidentielle d’avril, les compétiteurs du virtuel candidat-président Bouteflika commencent à se mettre dans les starting-blocks. Et c’est un concurrent de moindre envergure qui ouvre le bal des candidatures. Ali Faouzi Rebaine, président du parti AHD 45 (nationaliste) a en effet annoncé officiellement sa décision de se jeter dans la bataille. Dans une conférence de presse animée à Alger, le premier candidat s’est défendu d’être un des « lièvres ». Ce fils d’un ancien maquisard, qui fait partie de ceux que la presse algérienne affuble du qualificatif de « saisonniers de la politique », en est à sa deuxième participation consécutive au scrutin présidentiel.

En 2004, après avoir mené campagne sous l’étendard des « vrais patriotes contre les harkis », Ali Faouzi Rebaine fut classé lanterne rouge en bout de course avec 65073voix, soit un pitoyable taux de 0,64% des suffrages exprimés. La porte-parole du Parti des travailleurs (trotskiste), Louiza Hanoune, qui file une très rentable lune de miel avec le régime de Bouteflika, s’est déclarée elle aussi partante.

Première candidate à la présidentielle

« Je vous annoncerai ma candidature prochainement », a-t-elle concédé aux journalistes. La première candidate à la présidentielle dans le monde arabe était arrivée en avril 2004 à l’avant-dernière position, avec un score de 1,16 % des suffrages, soit 118 367 voix. Mais son discours, plutôt sympathique à l’égard de Bouteflika, lui a valu des félicitations présidentielles et une représentation assez étonnante au Parlement pour un parti d’extrême gauche, lors des élections législatives qui avaient suivi.

Louiza Hanoune et les députés de son parti étaient d’ailleurs les seuls élus de l’opposition à avoir applaudi la récente révision de la Constitution. Enfin, un nouvel invité à la prochaine grand-messe bouteflikienne : Moussa Touati. Ce responsable du Front national algérien (FNA) un clone du FLN, entre en scène pour multiplier les candidatures maison qui défendent les couleurs des nationalistes conservateurs. Sans aucun passé politique, Moussa Touati a profité de la guéguerre entre le tandem FLN-RND, pour transformer son organisation des fils d’anciens maquisards (Onec) en parti politique. Mais pour avoir appelé ses députés à voter contre la révision de la Constitution, un mystérieux mouvement de redressement sans doute téléguidé s’est emparé ces derniers jours de son parti.

Ayant compris le message, le candidat Touati à fini par montrer patte blanche : « Si les autorités ne souhaitent pas ma candidature, je l’annulerais sans problème », a-t-il déclaré aux journalistes. Et au puissant ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, de lui renvoyer l’ascenseur: « Ne vous en faites pas, j’annulerai le congrès des redresseurs ! », lui a-t-il promis. En attendant de démarcher une candidature islamiste et une autre démocrate, si possible, Bouteflika qui maintient un faux suspens sur la sienne, attend que l’équipe de lièvres se mette au complet.

Par Hamid Ait Ouali

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