Un jeune migrant subsaharien a trouvé l’astuce pour se faire de l’argent facile ; il utilise chaque jour, dans la rue Si Lakhdar à Lakhdaria, un enfant de moins de six ans à des fins de mendicité, au mépris de la loi et du bon sens.
Chaque matin, vers les coups de dix heures, le jeune migrant arrive avec l’enfant qu’il pose sur un petit tapis à même le sol et s’en va, laissant le gosse là, à tendre la mains aux passants. Ces derniers, très touchés par les cris dolents de l’enfant à la jambe plâtrée, mettent la main à la poche ou lui offre des bonbons, du chocolat ou des jouets.
Toutes les deux ou trois heures, le jeune migrant revient à son enfant, récupère le pactole, s’empiffre de chocolat et repart vers son lieu de guet, d’où il continuera à s’assurer que tout se passe bien. A midi, il ramène deux plats de riz du restaurant du coin, gratuitement bien sûr, qu’il partage avec l’enfant et repartira camper non loin de là, l’enfant bien en vue.
Parfois, à la tombée de la nuit, l’enfant est encore là, à répéter inlassablement ce que lui avait appris son exploiteur de papa, et le mot n’est sûrement pas trop fort pour ceux et celles qui passent chaque jour près du môme. Si la pluie se met de la partie, le père rappliquera illico et mettra l’enfant à l’abri, sous un balcon d’une maison inoccupée, de l’autre côté de la rue. Et ce manège continue depuis plus de trois mois, sans souci pour un plâtre devenu noirâtre.
Au mois de novembre dernier, les policiers avaient bien embarqué tous les migrants subsahariens de la ville, sauf l’enfant et son papa qui avaient miraculeusement échappé à cette « rafle ». Du coup, le père et le fils se sont retrouvés seuls sur un terrain des plus giboyeux.
Ces écrits pourraient paraître à d’aucuns comme du racisme. Il est toujours facile de traiter autrui de raciste. Une question toutefois : si un Algérien fait la même chose dans une rue de Paris, Bruxelles ou Montréal, le laissera-t-on s’y adonner impunément à l’exploitation de l’enfant par l’homme ?
Ahcène Bettahar
