Le Matin d'Algérie

Honte aux complices et aux assassins de Mohamed Tamalt !

Les blessures, toujours béantes, des 125 jeunes Kabyles assassinés à la fleur de l’âge par des gendarmes et d’autres anonymes « accidentés » dans l’indifférence, par ce régime tyrannique sous les oukases de l’ombrageux Bouteflika, ne sont pas encore refermées, que ce dernier pernicieux hautain et partial récidive dans sa besogne, avec un autre assassinat sur le journaliste et blogueur Mohamed Tamalt, qui s’est déroulé à huit clos dans ses geôles, resteront impardonnable, en particulier pour un prétendu musulman.

Qui sont les prochains ? Les frères Mouzabites ? Les patriotes officiers de l’ANP emprisonnés ? Ou bien, toute la corporation démocratique qui présente des entraves aux sournoiseries du Rais ?

Pourtant, plusieurs fois, le frère de la victime et son avocat ont mis en garde les pouvoirs publics, sur les risques qu’encourt Mohamed Tamalt s’il est maintenu dans les insupportables conditions sans une sérieuse et immédiate prise en charge. L’alerte était insistantee pourtant : cela pourrait avoir des conséquences fatales et irréparable. Les services pénitenciers étaient informés aussi de sa maladie chronique, le diabète, mais ils ont fait la sourde oreille. Ses bourreaux ont manqué d’assistance à personne en danger, ce qui est condamné par la loi et les critères universels des droits de l’homme. Bien que l’Algérie soit signataire de cette charte. Cependant, à quoi bon s’embarrasser de textes de loi, sous le potentat en place, au nom de l’astucieuse intégrité nationale, le zaim viole tout texte qui pourrait l’empêcher de jouir de son pouvoir, tout son pouvoir.

Les explications apportées par l’administration pénitentiaire ne sont pas crédibles. Elles sont bancales. Il y a beaucoup de zones d’ombre qui sont occultées, pour innocenter le principal responsable. Les services de l’Etat, le ministre de la justice en tête et son donneur d’ordre le chef de l’Etat, sont comptables du décès de Mohamed Tamalt. Abdelaziz Bouteflika avait tous les leviers pour donner une autre tournure au drame qui s’est joué au tribunal puis dans la prison de Koléa. Il ne l’a pas fait. En cela et en d’autres, il portera la responsabilité de la disparition du jeune Tamalt.

Mais fallait-il attendre quelque aménité d’Abdelaziz Bouteflika ? Non. L’homme est connu pour sa suffisance et sa fidélité à ses seuls amis. Le reste n’est que discours et poudre aux yeux. Tout son parcours est d’ailleurs focalisé sur sa propre personne et ses intérêts. Homme de complots et de coups d’Etat, il a traversé les décennies à vivre au crochet des puissants.

Dans un passé récent, avec une opulente cagnotte de la rente, il clabaudait des promesses illusoires, qui sont vite mises à nu. Après avoir gaspillé 1000 milliards de dollars à assouvir son prestige personnel, à enrichir sa fratrie, sa tribu et son clan, il abreuve le bon peuple de leçons de patriotisme et d’amour de l’Algérie, que lui arbitrairement ignore et méprise.

La sécurité du pays qui angoisse le peuple après les années de terrorisme, sa réconciliation inique pour se légitimer et les duperies constantes qui frelatent la racine identitaire, sont devenues son fonds de commerce, qu’il utilise pour haranguer ses opportunistes et les crédules à des fins aux desseins inavoués.

Si ce n’est pas un mauvais traitement qui est affligé à Mohamed Tamalt dans les pénitenciers d’El Harrach et de Koléa, comment expliquer alors les traces de sévices qu’il porte sur sa tête, découvert par son frère ? D’autant plus que le défunt journaliste était affaiblit par la maladie et la grève de la faim et ne peut donc se sévir de lui-même.

Bouteflika est connu pour son esprit vengeur. Pour se protéger des critiques légitimes à l’encontre de sa démarche de ségrégation et de favoritisme au profit d’une proche minorité, il fait appel à ses barbouzes et instrumentalise la « justice » pour faire taire les voix qui dénoncent sa déconfiture gestion. Il croyait être en force pour continuer sa politique arbitraire dans la quiétude, c’est mal connaître l’intrépidité des Algériennes et des Algériens et mal informer, sur l’aversion qu’ils ont à son encontre et à toute la gérontocratie de la régence qu’il personnifie.

Tous ces assassinats gratuits et les milliers de handicapés a vie du printemps noir pèseront lourdement dans sa conscience le restant de sa vie. Son règne est marqué par le sang de ces jeunes versé dans l’impunité absolue.

Et s’il échappe à la loi des hommes, au jugement suprême, chacun de nous aura ce qui lui est prédestiné, mais lui, il sera exclu de la clémence de notre créateur pour sa perfidie à l’égard du peuple, afin de satisfaire son ego et en fau dévot pour avoir dupé la pieuse foi et profané la parole divine.

Paix à l’âme du martyr Mohamed Tamalt, à tous les âmes des martyrs pour la liberté, et la démocratie ainsi qu’a tous celles et ceux pour l’indépendance nationale.

Ali Bendifellah

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