Le Matin d'Algérie

Affaire Mecili-Hasseni : Alger ne veut pas d’un procès

A quelques jours de l’audition par le juge d’instruction de deux autres témoins, Alger avoue son obsession : «Il n’y aura pas de procès Hasseni car le diplomate algérien est innocent ! » Celui qui parle est le ministre Djamel Ould Abbès, après avoir rendu visite à Mohamed Ziane Hasseni, retenu et placé sous contrôle judiciaire à Paris le 14 août dernier sous le chef d’accusation d’assassinat, dans la capitale française, de l’avocat algérien Ali Mecili.

Le ministre a tout dit : Alger ne veut pas d’un procès qui exhumerait des dossiers noirs et des noms que le pouvoir n’aimerait pas voir cités publiquement. Le véritable enjeu de l’affaire est là.

C’est une course contre la montre qui s’engage à quelques jours de l’audition par le juge d’instruction de deux autres témoins. Alger abat ses cartes : elle veut que le juge Thouvenot n’aille pas plus loin et qu’il classe l’affaire !

Pour cela, les autorités déclarent ne reculer devant rien et menacent même de représailles économiques.

Plusieurs marchés pourraient être retirés aux entreprises françaises, annonce le quotidien l’Expression qui cite des « sources autorisées ».

La France risquerait de perdre certains marchés attribués à des entreprises françaises. Les contrats d’attribution seraient sur le point d’être gelés et concédés à d’autres entreprises européennes. Ainsi, Djamel Ould Abbès est monté au créneau à partir de Paris, interpellant directement le gouvernement français, en termes certes diplomatiques mais empreints de fermeté, sur les conséquences qui pourraient découler de cette affaire sur les relations bilatérales. M.Ould Abbès, sur un ton courroucé, avait alors menacé la France des «pires représailles» économiques, rappelant que l’Algérie n’était pas une «République bananière» mais un «Etat souverain et jaloux de sa souveraineté».

Bluff ou crise sérieuse ? Réponse chez le juge Thouvenot.

Réda B. – Le MatinDZ

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