Le syndrome du 17 mai fait réagir le ministre de l’Intérieur, grand organisateur de la scène électorale nationale et de tout ce qui s’y trame, qui à un mois de la tenue du scrutin a délégué ses émissaires pour aller crier à qui veut les entendre qu’il ne craint pas, pour le rendez-vous électoral du 30 novembre prochain, un fort taux d’abstention. C’est Mohamed Talbi, directeur des opérations électorales et des élus au niveau du ministère de l’Intérieur qui a porté samedi la bonne parole sur les ondes de la radio nationale. «En général les élections locales, c’est celles qui intéressent le plus le citoyen électeur parce qu’il s’agit de sa collectivité et c’est pour cette raison qu’on est en droit de parler de scrutin de proximité. En somme du point de vue de la participation, on s’attend à ce qu’il y ait une adhésion importante», a lancé péremptoire le commis de l’administration Zerhouni. L’optimisme de commande de son pronostic laisse justement transparaître la peur d’une reproduction du scénario catastrophe des élections législatives de mai dernier et donne le sentiment que l’administration cherche plus à s’auto convaincre et à se rassurer elle-même qu’à tranquilliser les Algériens – si souvent maltraités par ladite administration mais devenue le temps d’un discours, des « citoyens électeurs » − pour qu’ils reprennent le chemin des urnes. En somme le ministre de l’Intérieur redoute l’abstention des électeurs mais prêche publiquement le contraire, affichant une sérénité surfaite.
Tout à son zèle, l’intervenant s’est aussi laissé aller à encenser les retouches apportées par son ministre à la loi électorale et qui ont eues comme effet de créer deux collèges dans la classe politique : le premier constitué de « grands » partis autorisés à participer à la course électorale, et les « petits » disqualifiés.
Les nouvelles restrictions introduites en juillet dernier sont même appréciées comme un progrès démocratique et un stimulant pour les challengers. Pour le commis de Zerhouni : « la loi électorale n’est guère arbitraire en interdisant aux partis politiques d’être présents aux élections s’ils n’ont pas obtenu plus de 4% au suffrage et le nombre actuel des candidatures prouve, l’adhésion des partis à cette loi, en allant collecter les signatures au niveau des circonscriptions», . Quant aux craintes exprimées de fraude, elles ne seraient toutes que des «assertions infondées émanant de quelques partis à court d’arguments».
Meriem Benmehdi
