Le Matin d'Algérie

Des Rifains enlèvent le drapeau marocain pour installer celui du Rif

Dimanche, quelque 25 villes marocains ont connu d’imposantes manifestations pour dénoncer la mort violente du Rifain Mohssine Fikri.

La mèche est partie des montagnes du Rif, précisément à Al Hoceima. Pendant les funérailles de Mohssine Fikri, des jeunes Rifains ont enlever le drapeau marocain du toit d’un établissement public pour le remplacer par celui de la République du Rif. Le précédent est une première dans cette monarchie où la chappe de plomb de la peur de la répression policière a fait taire toute contestation.

Lundi soir, l’ambiance était électrique à El Hoceima où une grande manifestation a été organisée. La tension n’était pas tombée mardi soir dans le Rif.

Pris de panique, le roi a dû écourter dès samedi sa tournée africaine et envoyer d’urgence son ministre de l’Intérieur pour éteindre l’incendie populaire.

La mort du jeune marchand victime d’une décision policière n’a pas laissé indifférente la communauté marocaine établie à l’étranger. Plusieurs rassemblements devant les représentations diplomatiques marocaines ont été organisés pour dénoncer la répression policière et la corruption qui sévit dans le pays. Ils exigent aussi la vérité sur le décès de Mohssine.

Certaines réactions de la classe politique inféodée au palais n’ont pas été tendre avec les jeunes manifestants à l’exemple de cette réaction de Khadidja Ziyani du parti de l’Union constitutionnelle. « Ce que je vois sur la photo, Hassan II, paix à son âme, était sincère quand il avait qualifiés d’Apaches (awbach) ceux qu’il visait », s’est enflammée Khadija Ziyani, députée de la Région Tanger-Tétouan.

Sofiane Ayache

Le drapeau amazigh brandi par les manifestants.

Quitter la version mobile