Le Matin d'Algérie

Créature

Nous vous livrons ce poème d’un écorché vif.

Grignote le pain perdu de ta vie

D’asservi aux maitres de la gloire

Fais le frire en amas de subsistance

Sans fruits que des larmes à boire.

Avale le silence d’existence à genoux

De ces hurleurs à te rabattre

Qu’en mélodie il ne sort que du vent

Pauvre créature brisée dans l’auvent.

Sens l’ordure ‘as a’ poubelle

Déraciné de ton corps déjà mort

Là sont les charognes à col blanc

Beaux visages politiques à la télé.

Écoute les préceptes du chamelier

En mouton fier à l’abattoir

À te rassurer qu’il est un ailleurs

Où ton unique vie peut recommencer.

JiJi

Paris, le 25/10/2016

Jiji fait partie de ces enfants d’Algérie qui ont fui le pays après avoir compris que le pouvoir forçait le peuple à tourner le dos à la mer pour le détourner des merveilles du ciel et des vagues bleues, tout en lui cachant l’éclat du soleil et le cantonnant dans l’obscurité des mosquées ! Il vit loin de la mer, au cœur d’un Paris bonheur qui le fait frémir au détour de chaque rue, de chaque quartier, depuis plus de 35 ans ! Sa dernière « chahadda », il l’envisage sous la forme d’un « Adieu Paris » prononcé à la Kabyle ! Pourtant, ses premiers pas vers la poésie, il les a faits le long des ruelles d’Alger, les yeux rivés, à ivresse, sur sa majesté « la Grande bleue » ! Un « harraga » de la première heure, en somme !

Kacem Madani

Quitter la version mobile