Le Matin d'Algérie

Présidentielles 2009 : Bouteflika joue la carte islamiste

Par K.A. – Le Soir

Abdelaziz Bouteflika a présidé, hier mardi, la première réunion du Conseil des ministres de «l’après-révision constitutionnelle». Une réunion qui n’a pas duré très longtemps, contrairement aux traditions de ce rendez vous particulièrement redouté par les membres du gouvernement.

C’est d’ailleurs dans une atmosphère «détendue que se sont déroulés les travaux et aucun ministre n’a été malmené cette fois-ci», nous confie une source très bien informée. Manifestement comblé par «son» coup du 12 novembre dernier, il se projette déjà, en effet, dans la prochaine présidentielle. On lit, ainsi, dans le communiqué du conseil que «le président de la République a invité le gouvernement à redoubler d’efforts durant la période qui précède la prochaine élection présidentielle, afin de faire progresser encore davantage le processus de reconstruction nationale et de répondre ainsi aux attentes des citoyens». Autrement dit, Bouteflika ordonne, là, le lancement de sa campagne électorale. Et comme toujours, à pareille période, la carte islamiste est abattue. «(Il) instruit le Premier ministre d’activer le travail de la commission nationale chargée de la mise en œuvre des mesures prévues par la charte pour la paix et la réconciliation nationale.» Exprimant sa satisfaction quant au bon déroulement de cette opération, Bouteflika déplore que «cependant, un certain nombre de cas restent en instance du fait de lourdeurs bureaucratiques et parfois de négligences de la part des requérants. Ce travail doit être finalisé conformément à la volonté souverainement exprimée par la Nation. J’attends donc du gouvernement qu’il s’y investisse dans les meilleurs délais», ordonne-t-il encore. Autre instruction ferme au gouvernement, la préparation «du plan d’action » à soumettre au Parlement qui devrait être préalablement examiné et approuvé la semaine prochaine par le Conseil des ministres. Quant aux autres points examinés hier par le Conseil des ministres, Il y a lieu de souligner deux projets de loi : celui relatif à l’assistance judiciaire, étendue désormais aux personnes étrangères, mais surtout un projet de loi relatif à «la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication». Un véritable fléau qui menace doublement l’Algérie ces dernières années, tant au plan sécuritaire que celui de l’espionnage. «Ce texte (…) permet la prévention des infractions qualifiées d’actes terroristes ou subversifs et des infractions contre la sûreté de l’Etat, les tentatives d’atteinte à un système informatique représentant une menace pour les institutions de l’Etat, pour la défense nationale (…)», lit-on dans le communiqué même du Conseil des ministres.

K. A.

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