Le Matin d'Algérie

A quoi bon serviraient des élections législatives en Algérie ?

Dans les pays démocratiques, les élections législatives peuvent provoquer beaucoup de choses et pas des moindres, dont le changement du gouvernement et la cohabitation du président avec la nouvelle majorité ; ce qui n’est pas le cas chez nous où les législatives ne sont que de la poudre aux yeux.

Organisées par une administration qui est tout sauf neutre, ces élections sont destinées essentiellement pour la consommation extérieure et pour conforter dans leur majorité les deux partis du pouvoir, le FLN et le RND. Quant aux autres partis, ils bénéficieront de quotas à la mesure de leur allégeance au pouvoir en place.

Du coup, il est à se demander pourquoi nos gouvernants se donnent-ils autant de peine en dépensant autant d’argent pour un résultat connu d’avance ? Ne serait-il pas mieux, dans ce cas, de laisser le chef de l’Etat gouverner comme bon lui semble ?

D’ailleurs le chef de l’Etat a de tout nommé son premier ministre en ignorant superbement les résultats des législatives. Combien de fois, en effet, n’a-t-on pas vu la nomination d’un premier ministre appartenant à un parti non majoritaire à l’APN !

En tout cas, l’histoire retiendra que l’Algérie a bien organisé en décembre 1991 des élections législatives non truquées que d’aucuns se sont empressé d’annuler entre les deux tours. Questionné sur cet acte, Abdelaziz Bouteflika le qualifiera sans ambages de « première violence ».

Question alors : qu’est-ce qui empêche le chef de l’Etat, maintenant qu’il est au pouvoir, d’organiser des élections législatives libres et démocratiques ? Qu’est-ce qui l’empêcherait aussi de confier la supervision des élections à une instance réellement indépendante ?

En attendant de revoir un jour des élections vraiment démocratiques en Algérie, les candidats au poste de député continueront à se bousculer, en usant de «chkara» pour certains, non pas pour le bien du pays mais surtout pour améliorer substantiellement leur propre situation. Il faut avoir un ami devenu député pour constater de visu la transformation de l’Algérien quand il entre à l’APN !

Ahcène Bettahar

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