Le Matin d'Algérie

Les réjouissantes prophéties d’Abdelmalek Sellal

Pour sa première sortie de la rentrée, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal a multiplié promesses et prophéties très encourageantes.

Il est vrai qu’Abdelmalek Sellal ne craint pas la contradiction, encore moins la palinodie. L’homme du sérail qu’il est, est rompu à l’art de brasser du vent.

Alors que tous les économistes s’alarment de notre dépendance à la renté pétrolière et surtout de l’érosion des exportations et importations, notre impayable premier ministre déroule son discours : « Le PIB algérien se situait à environ 16.700 milliards DA en 2015 et poursuivra sa croissance pour atteindre 17.677 milliards DA à fin 2016 puis 22.000 milliards DA en 2019 ». Et après 2019 ?…. Puis, justifie encore Sellal, dans son élan : « Il y a un renforcement de la production nationale, notamment dans le secteur industriel », a-t-il soutenu dans une déclaration reprise par l’APS.

Et de persifler contre ces voix qui crient à la crise à venir : « Certains croient que l’économie algérienne connaîtra des difficultés durant les prochaines années, mais nous avons étudié la situation et jusqu’à 2019, les réserves de change algériennes ne baisseront pas sous le seuil des 100 milliards de dollars ».

Ah ces réserves de change qui turlipinent trop les têtes d’oeufs du ministère de l’Economie !!! La loi de finances prévoit que ces réserves allaient s’établir à 112 milliards de dollars, si bien entendu le prix du baril de pétrole se stabilise à 45 dollars. Sauf que là celui-ci fait du yo-yo sur le marché mondial.

En grand clerc, Abdelmalek Sellal crâne que les réserves de change « sont bonnes ». Mieux encore : « L’Algérie va bien, les choses sont stables », cependant il nuance et met un bémol : « Il faudra faire des efforts supplémentaires notamment dans le domaine agricole afin d’exporter davantage ». Il faut rappeler au premier ministre, sans doute étourdi par les chiffres, qu’en matière agricole, l’Algérie est loin de ses prévisions. Il y a cependant certaines phrases du premier minisgtre qui suggèrent une certaine reconnaissance de la situation à peine voilée, notamment quand il lâche entre deux phrases : « Certaines revendications nécessitent un ajournement ». Ou celle-là : « Capter les investissements et réaliser des partenariats n’est pas du tout chose aisée ». On ne le lui fera pas répéter !

Abdelmalek Sellal admet qu’il faut changer de modèle économique, tout en basant toutes ses prévisions sur le prix du pétrole. Malgré le choc pétrolier, l’Algérie « résiste et continue d’améliorer ses performances économiques » lance-t-il, balayant d’une chiquenaude toutes les analyses pessimites.

Tout est parfait donc, si l’on en croit le premier ministre. Par ses déclarations de rentrée, Sellal, sans se rendre compte sans doute, vient de proouver que le changement est dans la continuite de ce qui se fait depuis 1999.

Yacine K.

Quitter la version mobile