« Pourquoi les autorités algériennes, si convaincues de l’innocence de leur cadre, n’ont pas jugé utile de fournir toutes les preuves matérielles pour que la justice française prononce logiquement un non-lieu ? Si Mohamed Ziane Hasseni (photo) est juste la victime collatérale d’un vrai coupable qui serait Rachid Hassani (photo), qu’est-ce qui empêche les autorités algériennes de livrer le vrai coupable, ou le cas échéant le juger en Algérie ? »
C’est la question que se pose El-Watan dans son édition d’aujourd’hui, notant que » les autorités algériennes se murent dans un silence troublant, comme s’il s’agissait d’un simple ressortissant qui devrait compter sur ses moyens pour se sortir des mains de la justice française. Or nous sommes bien face à une affaire d’Etat qui engage toute l’Algérie dès lors que Ziane Hasseni, traîné devant la justice, est avant tout un haut responsable de la diplomatie algérienne. »
Mohamed Ziane Hasseni, diplomate algérien, a été interpellé en France en tant que commanditaire présumé de l’assassinat d’Ali Mécili, puis mis en examen au prétexte que son nom présentait des similitudes avec le patronyme Hassani, objet d’un mandat d’arrêt international.
Pour le journal, » il est clair qu’au-delà du sort du diplomate algérien pris « en otage » à Paris, à tort ou à raison, se cache une crainte de voir l’affaire Mecili resurgir 21 ans après. » Selon le rédacteur de l’article, « cet assassinat étouffé par la complicité de deux raisons d’Etat risque en effet de faire tache d’huile et d’éclabousser ceux qui étaient aux commandes en France, mais surtout en Algérie, au moment des faits. Aussi, faire la lumière sur cet assassinat politique équivaudrait ipso facto à ouvrir une boîte de pandore. Ziane Hasseni est-il le bouc émissaire d’une scabreuse affaire d’Etat ? La question de fond est là. »
El-Watan parle « d’imbroglio politico-judiciaire inédit ».
« L’opinion publique algérienne se trouve déroutée par cette affaire à rebondissements animée par deux ex-officiers des services, à savoir Hicham Aboud et Mohamed Samraoui, tous deux en rupture de ban avec leur hiérarchie. Objet de la discorde : l’identité du fonctionnaire arrêté à Marseille(…) Bien que l’Etat ait péché par une communication boiteuse sur cette affaire, des preuves auraient été fournies à la justice française pour étayer la thèse du quiproquo. Comble du paradoxe, ces précisions n’ont pas permis la levée du contrôle judiciaire sur M. Hasseni, bien au contraire, puisque la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a rejeté le 14 de ce mois la demande d’annulation de la mise en examen. »
S.D.
