Hamid Grine revient à la charge sur l’affaire de « l’acquisition du groupe El Khabar » par une filiale du groupe Cevital.
Le ministre s’exprime « sans passion et sans émotion », jure-t-il devant la presse à Constantine, nous apprend l’APS. Décidément le ministre de la communication ne rate pas une occasion pour parler du dossier El Khabar que Cevital comptait acquérir. Ce jeudi, il en a remis une couche pour estimer qu’elle était une affaire purement commerciale et la justice décidera de la conformité de cette transaction ».
Le ministre invoque la justice. Il a assuré que la « loi de la République est au-dessus de tout le monde et que dans cette affaire, le dernier mot reviendra à la justice ». Comprendre qu’Issad Rebrab est un justiciable comme les autres !!! Mais qui a prétendu le contraire ? Pourtant la justice auquel fait appel aussi prestement le ministre ne brille pas particulièrement par sa célérité ni son impartialité quand il s’agit de traiter d’affaires touchant les clients du pouvoir.
Mais dans cette affaire comme dans d’autres, il faudra sans doute ne pas se laisser aller à des commentaires désobligeants au risque de recevoir des tombereaux de conseils sur l’éthique dont est très friand le ministre de la communication. Car l’argument du ministre de la Communication est imparable, il est dans le texte auquel il fait dire ce qu’il veut. Benoîtement, le département de la communication « s’est référé à la loi de la République (code de l’information) et attend maintenant le verdict de la justice », a-t-il assuré. Nous voilà édifié sur la sincérité du ministre qui nous promet de patienter jusqu’à dimanche pour connaître le verdict.
Pour le groupe Cevital les choses sont claires. C’est la société Ness-prod qui a acquis le groupe El Khabar. « L’acte notarié de cession est enregistré et inséré au Bulletin officiel des annonces légales », affirme-t-il dans un communiqué rendu public. Ajoutant : « D’autre part, la société Ness-prod tient à souligner qu’en tant que personne morale, elle n’est nullement concernée par les dispositions de l’article 25 de la loi organique relative à l’information, en ce qu’elle ne possède, ne contrôle et ne dirige aucune autre publication périodique d’information générale de même périodicité éditée en Algérie ». Exit donc l’arguement du quotidien Liberté avancé par le ministre !
Il y a une certitude dans cette cabale : au-delà des arguties, le ministre Hamid Grine n’a pas décidé seul de passer à l’attaque contre Issad Rebrab. En tant que patron du département de la communication, on l’a chargé de tout faire pour annuler cette acquisition. Mais pourquoi veut-on empêcher ce groupe privé d’acquérir El Khabar et sa chaîne de télévision et donc de sauver des centaines d’emplois ? Il y a derrière cette manoeuvre des enjeux d’influence manifeste. Entre autres raisons, le fait que les chaînes télé autorisées jusqu’à présent lui sient acquises, le groupe au pouvoir ne veut pas se retrouver avec un groupe médiatique puissant qui lui échappe.
Yacine K.
