Le Matin d'Algérie

"Si nous voulons changer l’Algérie, changeons d’abord notre coeur"

Le printemps reviendra, c’est dans l’ordre divin, mais est ce que nous serons là pour le vivre? Là est la question. Il faut des solutions, il faut oser dire la vérité même si elle blesse, même si elle ne nous vaudra qu’insultes et mépris. Ma lettre, au peuple algérien: Peuple algérien! Souhaites-tu le changement? Es-tu désireux de hâter l’avènement d’un État juste et prospère? Il y a, à mon avis, qu’une seule façon de le faire. Un seul mode d’emploi que je vais livrer ci-après: « combattre le mal par le bien ». Cela commence d’abord et avant tout par l’obéissance et la soumission aux autorités supérieures du pays. Je prends le risque de déplaire à un nombre important d’algériens, certains pour avoir perdu un être cher, d’autres pour avoir subi une injustice qualifiée de grave et traumatisante, d’autres pour des convictions de démocratie et de droits humains qui tardent à se réaliser; dont ils tiennent le pouvoir pour responsable. Les uns comme les autres trouverons ici toute ma compassion et mon pardon éternel leur est acquis pour tous les noms d’oiseaux dont ils vont me traiter. Par contre je disqualifie, l’ensemble des politicards de salon, et les pseudo intellectuels qui, à partir de leurs forteresses imprenables, jettent de l’huile sur le feu dans lequel brûlent mes compatriotes. Cette clarification étant faite, je continue dans le même sillage en précisant que les autorités sont là par la volonté de Dieu et ne partiront que par sa seule volonté. En t’opposant à l’autorité, c’est à l’ordre de Dieu que tu résistes, car cette autorité est au service de Dieu pour ton bien. Si tu veux être agréé, fais le bien. Mais si tu fais le mal, soit dans la crainte, car ce n’est pas en vain que l’autorité porte l’épée. Ici je ne parle pas des partis qui font de l’opposition dans le cadre d’une démocratie légalisée. Ni des intellectuels qui s’intéressent dans leur études ou leurs contributions journalistiques, à la politique et au rapport pouvoir/peuple. Il y a pour toutes et pour tous, le droit universel imprescriptible à la liberté d’opinion, d’expression et de conscience. Mais pour tous il y a la ligne jaune à ne pas transgresser qui est celle de l’éthique. Mais chers compatriotes, obéir et se soumettre à l’autorité n’est point suffisant s’il n’est pas accompagné par d’autres gestes allant dans la même direction. Car obéir et dormir n’est pas une solution. Il faut travailler plus et dormir moins. Il faut prendre la bonne habitude de payer son impôt et ses taxes, de s’acquitter de ses redevances d’eau et d’électricité, d’éviter le gaspillage des ressources non renouvelables, prendre soin de la chose publique, assumer ses obligations envers la société et s’assurer d’être en paix avec tout le monde, pratiquer le bien, et là où il y a la haine que s’élève un chant d’amour. Il serait malséant d’affaiblir et d’attrister l’autorité, qui est comptable de ton bien-être devant Dieu. Laisser l’autorité gouverner dans la joie nous apportera beaucoup de bienfaits et attirera sur nous les riches bénédictions du Ciel. C’est à ce prix, cher peuple que tu accéderas à la véritable citoyenneté, que tu vivras en sécurité entre tes murs, que tes jours seront longs et prospères, et que régneront dans le pays la justice et la paix. Depuis des siècles on ne t’a enseigné que désobéissance et contestation. Sans en être conscient, tu contestes en tout temps contre les autorités et contre Dieu. On t’a depuis longtemps abreuvé aux sources de la haine et du ressentiment. Tu médites en tout temps la vengeance. C’est pourquoi tu as attiré sur toi la condamnation. Atteint par la malédiction de la désobéissance et de la rébellion, tu es puni de génération en génération. Peuple algérien, prend conscience maintenant et pense à ton bien. N’écoute pas ceux qui allument ta colère, qui te haranguent afin que tu cours vers le mal. Eux, qui te poussent dehors, restent bien chez eux à te regarder mourir, à travers leurs baies vitrées. Ô peuple, écoute les paroles de la sagesse qui t’enseignent d’obéir, d’être patient, de bénir, d’être fidèle et intègre en toute chose. Ton salut est à ce prix, et si jamais tu continues à souffrir, ce qui est très peu probable, ce sera au moins pour la bonne cause, et non par motif de conscience. « Mon fils, craint le roi et ne te mêles pas aux hommes remuants ». Si nous voulons changer l’Algérie, changeons d’abord notre coeur et écoutons la voie de la raison. Merci « Le Matin » pour cet espace de libeté.

Yalatif

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