Le Matin d'Algérie

Cheb Mami risque cinq ans de prison

Après 3 ans d’enquête, le parquet de Bobigny a rendu lundi son réquisitoire contre le chanteur Cheb Mami, accusé d’avoir tenté de faire avorter de force, dans des conditions atroces, son ancienne compagne.

Le parquet a requis 5 ans de prison contre lui.

Les 20 pages de réquisitoire contre le chanteur sont « accablants » selon Le Parisien, qui s’est procuré le texte.

Le chanteur est accusé « d’enlèvement et séquestration, violences commises en réunion avec préméditation sur une personne vulnérable, menaces». Il est accusé d’avoir tenté de faire avorter de force sa compagne de l’époque, alors enceinte de lui. Un procès pourrait avoir lieu courant 2009 devant le tribunal de Bobigny.

Les faits, atroces, remontent à l’été 2005, raconte le Parisien. Sa compagne apprend qu’elle est enceinte. Elle est invitée par le biais du producteur du chanteur, Michel Le Corre, à venir assister à un de ces concerts en Algérie. Un piège. Elle aurait alors été endormie à son insu, par une substance mise dans son verre, puis conduite dans une villa du chanteur. Elle subit là un curetage sauvage, par deux femmes, qui tentent « d’extraire son foetus à la main », selon Le parisien. Cheb Mami aurait assisté en personne à cette scène. Mais le foetus est toujours vivant. En mars 2006, une petite fille voit le jour. Un test ADN prouve qu’il s’agit bien de la fille de Cheb Mami.

En rentrant en France, la compagne du chanteur porte plainte contre lui. Le chanteur est alors mis en examen et incarcéré trois mois à la prison de la Santé. A sa remise en liberté, il prend la fuite et se réfugie en Algérie, « où il compte de puissants soutiens » précise Le parisien. Un mandat d’arrêt international est délivré à son encontre.

L’artiste disait vivre son inculpation comme une injustice et avait déclaré vouloir être jugé en Algérie.

Dans un entretien accordé au quotidien Libération en juin 2007, il est revenu sur cette décision et a déclaré qu’il acceptait d’être jugé en France. Il y clame sa confiance en la justice française alors qu’il avait déclaré le contraire au début du mois à un journal algérien. Il explique sa fuite en Algérie par le soutien qu’il devait apporter à sa mère, âgée et affectée par les soucis de son rejeton. Alors qu’il se prétendait innocent auprès de la presse algérienne, un an plus tard, il reconnaît sa responsabilité dans l’affaire d’avortement et dit regretter son attitude.

L’ex-compagne du chanteur et l’avocate de cette dernière sont exaspérées par les longueurs de l’enquête.

Après trois ans d’instruction, le procès devrait avoir lieu courant 2009. Et on peut penser qu’il ne sera pas clément pour le prince du raï

En France l’ex-compagne du chanteur s’impatiente, car l’instruction a été longue. Son avocate souligne les longueurs de l’enquête. D’autant que la défense n’avait fait « aucune demande d’acte supplémentaire » dans le cadre de l’instruction

L.M

Quitter la version mobile