La décision de la cour d’appel de Paris de confirmer la mise en examen et le placement sous contrôle judiciaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni pour complicité dans l’assassinat de l’avocat Ali Mécili, a surpris et contrarié Alger qui s’attendait à une relaxe.
Le gouvernement algérien avait, rappelons-le, appuyé la thèse du diplomate qui s’est défendu d’être la personne concernée et a déclaré qu’il s’agissait certainement d’un homonyme. Les autorités algériennes, par la voix du porte-parole du gouvernement, Abderrachid Boukerzaza, et du chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, ont estimé qu’il s’agissait d’une simple méprise et que l’Algérie était confiante en la justice française.
Le chef du gouvernement avait même déclaré à ce propos qu’une cellule de crise avait été mise en place et que les autorités algériennes ne doutaient nullement de la bonne foi du diplomate.
Aussi le verdict, hier, de la cour d’appel de Paris a-t-il décontenancé le gouvernement algérien.
Interrogé pour avoir la réaction du gouvernement qui s’était montré « serein », il y a quelques semaines, le ministre de la Communication et porte-parole de l’Exécutif, Abderrachid Boukerzaza, a refusé hier de faire un commentaire. « Nous n’avons aucun commentaire à faire pour le moment », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse animée à l’issue de la réunion du conseil de gouvernement. Le ministre de la Communication, rappelons-le, s’est montré en août dernier très confiant en affirmant que « le diplomate algérien sera innocenté et rétabli dans ses droits, car il a subi un traitement humiliant ».
Mais les journaux proches du pouvoir réagissent. « Il y a anguille sous roche » affirme le quotidien La Tribune pour qui « il demeure clair que les services français, tous corps confondus, y compris sous Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, n’ignorent rien aujourd’hui de l’identité réelle de Ziane Hassen et de Rachid Hassani. » Le journal s’interroge : « Qui aurait alors intérêt à verser dans la confusion, au point d’en faire le fil rouge d’un dossier qui semble cousu de fil blanc ? N’y aurait-il pas dans cette affaire quelques querelles policières picrocholines dont quelques juges en mal de lucidité auraient fait les frais ? »
En attendant, le diplomate Hasseni est parti pour une longue mise en examen. Il ne lui reste que la possibilité de se pourvoir en cassation. C’est ce qu’a confié un de ses avocats, Me Khaled Lasbeur, au quotidien El-Watan.
N.B. -Le Matindz-