Partout en Europe, des murs de barbelés sont dressés pour empêcher les dizaines de milliers de migrants de traverser les frontières.
Depuis début janvier quelque 11000 migrants ont rallié l’Europe. En 2015, un million de personnes ont franchi les frontières du continent pour rejoindre l’Allemagne ou la Grande Bretagne. Schengen s’en trouve ébranlé. Devant l’afflux massif, le système d’accueil a atteint ses limites. De fait, l’Union européenne a montré ses limites avec la crise migratoire. La solidarité entre pays s’est butée sur le chauvinisme et le nationalisme étroit de quelques dirigeants européens. Les pays des Balkans se sont ligués contre les autres pour défendre leurs intérêts, laissant la Grèce seule devant cette crise humanitaire.
La Belgique rétablit les contrôles à ses frontières avec la France. L’Autriche a instauré un quota de passage à ses frontières de 3200 migrants. Plus à l’est, la Pologne, la Tchéquie et la Slovaquie se sont réunies en conclave pour la création de garde-frontières et surtout ne veulent plus accueillir de réfugiés. Sans oublier la mise en place de murs de barbelés qui courent le long des frontières de plusieurs pays de l’Europe centrale. Tous ces éléments laissent la Grèce seule face aux milliers de migrants qui arrivent chaque jour sur ses îles. Pour montrer son courroux, elle a refusé de recevoir la ministre autrichienne de l’Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, ont indiqué des sources officielles vendredi, alimentant la tension entre les deux pays au sujet de la crise des migrants. D’ailleurs Athènes avait rappelé jeudi son ambassadrice à Vienne pour consultations, en signe de protestation contre la tenue par Vienne d’une réunion des pays des Balkans consacrée à la crise migratoire et dont la Grèce a été exclue, indique l’AFP.
Devant le rétablissement des contrôles, voire la fermeture des frontières, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes sont bloqués sur les frontières grecques. La situation devient intenable pour la Grèce, déjà plongée dans une crise économique. La Turquie a, elle aussi, été sommée de serrer les verrous sur les réfugiés.
Dans son rapport annuel Amnesty international a vivement critiqué les mesures prise par l’UE sur la question des migrants. L’ONG estime que la crise humanitaire de 2015 est la plus grave qu’ait connu l’Europe depuis la Seconde guerre mondiale.
Avec cette insoutenable crise, la richissime Union européenne qui se gargarise de discours de droits de l’homme et du respect de la dignité humaine se trouve gravement face à ses limites.
Hamid Arab
