Décidément le débat sur la réforme constitutionnelle se cristallise sur un seul article, celui qui touche aux binationaux.
L’article 51 du projet de révision constitutionnelle concerne exclusivement les fonctions supérieures et sensibles de l’Etat, à l’instar de la sécurité de la nation et la sécurité financière du pays, a précisé jeudi à Alger le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.
« L’article 51 du projet est très clair et ne vise aucunement nos frères à l’étranger, mais plutôt concerne les fonctions supérieures et sensibles. L’Etat et les lois définiront ces fonctions », a-t-il justifié, citant particulièrement la sécurité et la sécurité financière à un niveau supérieur de l’Etat qui « nécessitent des conditions exceptionnelles ».
Abdelmalek Sellal a estimé que « pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie, on reconnaît les Algériens porteurs de plusieurs nationalités. Les portes demeurent ouvertes aux Algériens de l’étranger dans diverses fonctions ».
Cependant, « certaines fonctions seront conditionnées par des critères exceptionnels, à l’instar de ce qui est appliqué dans beaucoup de pays du monde ». Le premier ministre ne donne aucune précision sur ces « hautes fonctions sensibles »
Dans une de ses sorties, Ahmed Ouyahia justifie cet article et s’interroge : le nombre d’Algérien binationaux qui aspireraient à briguer des postes importants comme ministres, walis, ambassadeurs en Algérie. « 5.000 ? 10.000 ? Et même pour ceux-là, il s’agirait tout simplement de renoncer à la nationalité étrangère pour assumer de hautes responsabilités au service de l’Algérie », tempère-t-il.
Amar Saadani, lui, estime que cet article est anticonstitutionnel sans pour autant aller plus loin.
En clair beaucoup d’écume pour peu de chose. Car rien ne bougera, malgré les oppositions à cet article et à bien d’autres aussi, comme celui concernant l’officialisation de tamazight, plus fondamental.
Yacine K./APS
