En Turquie, 21 universitaires ont été placés en garde à vue, ce vendredi 15 janvier, sur ordre du procureur. Ils sont soupçonnés de « propagande terroriste » et d' »insulte aux institutions et à la République turque ». En cause : ils ont signé une pétition demandant l’arrêt des opérations militaires contre la rébellion kurde.
Ankara est en rogne, elle ne supporte pas qu’on soutienne la cause kurde. L’heure est aux bombardements. A la guerre. Vingt et un universitaires turcs viennent de faire les frais de la colère du pouvoir d’Erdogan. Leur tort ? Avoir posé leur nom sur une pétition appelant la fin de la guerre contre le peuple kurde en Turquie. Signée par plus d’un millier d’intellectuels, dont des universitaires étrangers comme Noam Chomsky, la pétition a suscité des qualificatifs très violents de la part du président turc. Recep Tayyip Erdogan a fustigé, jeudi 14 janvier, une « horde d’universitaires » qui a « craché sa haine sur le peuple turc », et a dénoncé l’existence d’une cinquième colonne dans le pays.
La pétition évoquait notamment un « massacre délibéré et planifié » à l’égard des populations kurdes, « en totale violation des lois turques et des traités internationaux signés par la Turquie ».
Des combats virulents
De leurs côtés, les signataires dénoncent la guerre ouverte menée par les autorités turques contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), après la fin du cessez-le-feu entre les deux parties en juillet dernier.
Depuis, les combats ont été particulièrement virulents dans le sud-est du pays. Des opérations de police musclées ont eu lieu et des villes kurdes ont été placées sous couvre-feu pendant plusieurs semaines.
D’après des ONG, les accrochages entre les autorités et les rebelles ont causé la mort de plus de 200 civils, et 200 000 personnes ont dû fuir la zone.
Avec RFI
