Le Matin d'Algérie

Ali Benflis pointe la vacance du pouvoir et la révision constitutionnelle

Le Bureau politique de Talaie El Hourriyet a rendu public un communiqué samedi sur la situation du pays et les derniers développements. Extraits.

(…) En s’associant à l’hommage unanime rendu par la Nation, le Bureau Politique a adressé à la famille du distingué défunt, à ses proches, à ses compagnons et au Front des Forces Socialistes ses condoléances les plus attristées et les a assurés de sa solidarité et de sa sympathie en cette pénible épreuve qui est celle de l’Algérie toute entière.

Le Bureau Politique a salué en Hocine Ait Ahmed, le résistant inébranlable, le patriote visionnaire et l’infatigable militant de la cause de la démocratie et des droits de l’Homme dont il a fait du triomphe dans notre pays l’engagement de toute une vie. (…)

Le Bureau Politique a entendu un rapport sur la situation générale du pays et après en avoir débattu a relevé avec une profonde inquiétude que la vacance du pouvoir est parvenue au stade de la dislocation du centre de la décision nationale du fait de l’accaparement de forces extra-constitutionnelles dont il est l’objet. Il a estimé que l’obsession du régime politique en place par sa pérennité à tout prix constitue la principale menace à l’intégrité de l’Etat national qu’elle affaiblit et fragilise face aux défis internes et aux périls externes. Il a réitéré sa conviction que la sortie de l’impasse globale actuelle devra nécessairement passer par une prise en charge effective et urgente de la problématique que la vacance du pouvoir et de l’illégitimité des institutions dont résulte leur incapacité manifeste à assurer l’unité des rangs et la mobilisation de la Nation sans lesquelles il ne pourrait y avoir de riposte collective effective aux crises politique, économique et sociale auxquelles elle est confrontée et dont dépend son adhésion à un projet national rassembleur qu’exige la phase la plus critique de son Histoire par laquelle elle passe actuellement.

Le Bureau Politique a entendu un exposé au sujet du projet de révision constitutionnelle rendu public le 5 janvier courant. Après débat, il a été relevé ce qui suit :

En conséquence de l’ensemble de ces constats, le Bureau Politique a conclu que le projet de révision constitutionnelle s’inscrit dans la logique de la fuite en avant que le régime politique en place privilégie pour satisfaire ses propres intérêts au détriment de ceux de la Nation et que, de ce fait, il n’apporte en rien la réponse attendue à la crise de régime dans laquelle le pays se trouve et dont il continuera à subir les effets les plus dommageables.

Dans ce contexte, le Bureau Politique a réaffirmé sa conviction que toute solution sérieuse, durable et crédible de cette crise de régime devra assurer la prise en charge effective de la vacance du pouvoir et de l’illégitimité des institutions à travers un retour au jugement non faussé du peuple algérien souverain dont le respect serait assuré par une véritable commission indépendante chargée de la conduite de l’intégralité des processus électoraux et non pas seulement de leur surveillance inopérante et fictive.

Au plan économique, le Bureau Politique a regretté la signature et l’entrée en vigueur de la Loi de Finances pour l’année 2016 malgré la réprobation et les mises en doute dont elle a fait l’objet tant de la part de l’opposition nationale que des experts nationaux quant à son caractère inique, diviseur et inadapté aux effets du retournement brutal de la conjoncture énergétique mondiale sur l’économie nationale.

Le Bureau Politique a estimé que du fait d’une gouvernance que caractérisent l’état d’abandon que connait la gestion des affaires de la Nation, l’absence de vision, le manque de courage politique et le défaut de crédibilité et de confiance, la loi de Finances pour l’année 2016 n’est aucunement à la hauteur de la gravité des enjeux induits par la situation d’extrême acuité dans laquelle se retrouve l’économie nationale.

Au plan social, le Bureau Politique a considéré que le fardeau injustement partagé de la riposte à la crise économique, la complaisance manifeste du régime politique en place envers ses clientèles économiques en particulier et les bénéficiaires privilégiés de la rente en général, de même que les mesures d’austérité prises de manière sélective et discriminatoire constituent autant de facteurs de détérioration d’un contexte social déjà fortement dégradé et tendu.

Le Bureau Politique a renouvelé ses mises en garde contre l’approche strictement comptable sur la base de laquelle a été conçue la loi de Finances pour l’année 2016 qui porte en elle les germes d’une déstabilisation sociale du pays du fait de la chute brutale du pouvoir d’achat, du rétrécissement du marché de l’emploi et du gel ou de l’abandon des projets affectant directement les conditions de vie quotidiennes des citoyennes et des citoyens. (…)

Ali Benflis

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