Le Matin d'Algérie

Tant qu’il y aura des Hommes

Les mamamouchis qui nous non-gouvernent ont beau pérorer à longueur de laïus et de casuistique, les faits sont têtus. Et l’image d’Épinal que veulent nous fourguer ces laudateurs-maraudeurs, ne colle absolument pas à la réalité, bien triste, que vit la majorité des Algériens.

Une politique sépulcrale qui consiste à pérenniser un système qui a failli, par la reconduction chronique à la tête du pays d’un banal potentat, valétudinaire, trisaïeul et finissant, dont le seul projet pour le pays et de clamser en poste.

Cette engeance ne recule devant aucune avanie, et l’épisode « val de grâce » est là pour nous le rappeler. Nous rappeler surtout que durant 16 longues années de règne où l’argent coulait à flots, les responsables de nos malheurs, n’ont point été capables de construire ne serait- ce qu’un hôpital digne de ce nom, où leur président aurait pu soigner son AVC dans la dignité, ou mourir tout simplement Pardi! Et nous éviter, ainsi, un énième affront. Larbi Ben M’hidi même mort continue de vivre. Mais il faut reconnaître que n’est pas Ben M’hidi qui veut.

Et c’est dans leur petit coin que des femmes et des hommes, téméraires et revanchards, n’abdiquant aucunement devant cette espèce de fatalité qui semble nous coller à la peau, nous font espérer et croient dur comme fer à cette Algérie pour laquelle des centaines de milliers d’humbles consentirent le sacrifice suprême, et dont le rêve n’était certainement pas de voir une caste de gangsters prendre complètement en otage le pays.

En effet, cette catégorie de citoyens providentiels nous propose un autre type d’AVC (une Algérie Victorieuse et Compétitive), une vision et un cap clairs pour le pays.

Un homme, tout particulièrement, incarne, dans les faits, cette race d’algériens qui, malgré un climat des affaires totalement hostile, un système bancaire moribond et une administration bancale, arrive, avec d’autres, à raviver l’espoir.

J’avoue que j’ai éprouvé, en son temps, une immense fierté à l’annonce de la présence de M. Issad Rebrab, patron du groupe Cévital, parmi la trentaine de capitaines d’industrie, invités par le Président français afin d’explorer d’éventuelles pistes d’investissement dans l’hexagone. Cet honneur fait à M. Rebrab, et donc à l’Algérie, fut, de mon point de vue, immensément plus bénéfique pour le pays que des décennies de pseudo-diplomatie. Et que dire du rachat de la multinationale FagorBrant, qui se solda par la création d’emplois dans une multitude de pays de par le monde, USA compris, dont 7500 postes en Algérie.

Il y a comme ça des femmes et des hommes animés par leur seul désir d’aller de l’avant, à contre-courant de tous les blocages, dans une démarche roborative, créent de la richesse et redorent le blason d’un pays, bien terni, par des décennies de gabegie, d’incompétence et de clientélisme.

Il y en a d’autres, à contrario, en plus de dilapider les richesses du pays, se rendent complices de graves dérives, en organisant, à l’instar de Khelil et compagnie, le pillage de « leur » propre pays pour le compte de firmes étrangères, dans une impunité totale. Ceux-là, feront des mains et des pieds pour nous louer les bienfaits des énièmes mandats.

Du coup, je me mets à espérer d’un avenir radieux pour les enfants de cette terre meurtrie, et frissonne à l’idée de ce que peut devenir le pays avec, en guise de locomotive, quelques milliers de Rebrab et plus jamais de Khelil, tous les Khelil. Et le système qui les a enfantés.

Abdelkader Mazari

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