Taleb Rabah, un des grands noms de la chanson kabyle, a rendu l’âme à l’âge de 85 ans.
Taleb Rabah est né en 1930 à Tizit, un vilage encaissé des contreforts du nord du Djurdjura (wilaya Tizi-Ouzou). Dès ses 20 ans, il rejoint la France, comme bon nombre de jeunes de son village. Destination la Moselle, région ouvrière et minière par excellence. Tout en étant ouvrier, il s’offre sa première mandole. Dans les cafés kabyles de l’émigration des noms célèbres comme Slimane Azem, ou Cheikh El Hasnaoui animaient les soirées. C’est au cours de ces galas de cafés que Taleb Rabah se passionne au chant et à la musique. Le jeune Rabah était doté d’un belle voix. Restait à apprendre la musique. Un an après le déclenchement de la guerre d’indépendance, il se lance dans la chanson au cours d’une émission de Farid Ali à la Radio de Paris. « Ifuk zit dil lmesbah » est une premières chansons de Tableb Rabah.
Dès cette année-là, il n’arrêtera sa carrière que vers les années 1990. De ces quarante ans de chansons, Taleb Rabah a produit d’innombrables cassettes. dans les années 70, il était une star très appréciée par le public en Algérie comme dans l’émigration. Il a chanté comme personne avec des textes syblimes la terre, la Kabylie, la révolution, les conditions sociales des Algériens. Comme Lounis Aït Menguellet, Taleb Rabah est resté attaché à la montagne. Pendant qu’il était animateur à la chaîne II, il avait toujours habité son village Tizit. « C’est un des porte-voix de la chanson de la terre, souligne Ali Aït Djoudi. Nous lui avions organisé un hommage à Tizi-Ouzou du temps où j’étais à la Ligue culturelle, nous avons tenté de palier le manque de considération des autorités pour nos artistes ».
Avec le décès de Taleb Rabah après celui de Cherif Kheddam, c’est un pan immense de la chanson kabyle des années 1950 qui s’éteint. Resteront heureusement leurs chansons qui nous berceront pour l’éternité.
Hamid Arab
Taleb Rabah sera inhumé mercredi en son village natal Tizit, à l’est d’Aïn El Hammam (50km de Tizi Ouzou).
Berbère Télévision (BRTV) organisea, mardi soir, un plateau en hommage à Taleb Rabah ainsi qu’au jeune Hocine Ouali décédé dans un hôpital parisien.
