Le Matin d'Algérie

Le monstrueux code de la famille à l'origine des violences faites aux femmes

Le Mouvement Démocratique et Social – Oran nous a fait parvenir le communiqué suivant.

Dans le prolongement de notre appel du 12 octobre passé dédié à la solidarité avec les victimes des ségrégations sexistes, racistes et religieuses ou se faisant au nom de l’Islam, nous tenons à insister aujourd’hui sur l’ampleur et la gravité des violences faites aux femmes. Ces violences, dont un nombre important (60%?) se produit au sein des familles, gangrènent la vie de milliers de femmes, d’enfants et de familles algériennes. Si l’on ne se basait que sur les bas chiffres officiels déclarés pour les seuls 7 mois de janvier à juillet passé, l’on décompterait au moins une moyenne d’environ 1054 violences, dont 3 décès par mois. C’est terrible!

Même si les traditions archaïques continuent à justifier ces violences au nom d’une interprétation étroite, rabougrie et dénaturée de l’Islam, le plus scandaleux dans cette situation est le fait que ce soit le système qui régente notre pays qui, en commettant son premier acte de violence d’Etat contre les femmes en promulguant en 1984 le monstrueux code de la famille, a renforcé le poids des conservateurs et de leur extrême fondamentaliste au détriment des efforts et luttes menés depuis 1962 pour des lois égalitaires entre les femmes et les hommes dans un processus global de marche du pays vers plus de modernité et de développement.

Il est certes vrai qu’à l’époque, le pouvoir sous Chadli avaient besoin notamment des plus extrémistes d’entre les conservateurs (les « frères musulmans » d’alors) pour « taper » sur et contenir les « progressistes » dans la société et les institutions pour mener à bien son œuvre qualifiée alors de « déboumedianisation » visant à maintenir le pays en état de sous-développement profond et de dépendance. Il est aussi vrai que le pouvoir actuel, en reprenant et concrétisant ce que n’est pas parvenu à réaliser le pouvoir sous Chadli, a renforcé plus que jamais le poids des conservateurs et des islamistes dans la société et dans les institutions. Sa « loi de la réconciliation nationale » a eu des effets plus pernicieux sur la société et ses valeurs de par l’institution d’un certain type d’impunité qui n’a pas tardé à faire tâche d’huile. Mais il est aussi vrai que malgré tous les blocages, les forces de progrès dans notre pays ont continué à se battre. Dans et en dehors des institutions. Et ils ont pu arracher quelques acquis même modestes et fragiles.

C’est pour, entre autres, contribuer au renforcement de ces acquis et à l’élargissement de ces luttes que nous œuvrons au MDS-Oran. A ce titre et en ces circonstances, nous tenons à:

Faisons de ces luttes des jalons pour plus de progrès et d’égalité dans une Algérie de progrès, démocratique et sociale délestée des hypothèques islamiste et « affairiste » qui l’étranglent aujourd’hui!

Le MDS-Oran

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