En tant que responsable politique, je suis attentif à ne me prononcer de manière catégorique que sur les dossiers dont je maitrise parfaitement les données.
Les pouvoirs publics ont entouré cette affaire de tellement de secrets, de tellement de mystères et de tellement de non-dits qu’il est difficile pour qui ce soit de prétendre pouvoir porter sur elle un jugement informé et serein.
Et puisque je suis dans l’incapacité de porter un tel jugement informé et fondé sur cette affaire, je me limiterai à partager avec vous quelques sentiments personnels à son propos:
Mon premier sentiment est que l’opacité totale qui entoure cette affaire et l’absence de toute communication officielle à son sujet amènent naturellement à penser qu’il y a des arrières pensées et des manipulations de la part du régime politique en place.
Mon second sentiment est qu’il y a lieu de s’interroger sur l’utilité d’une instrumentalisation de la justice à d’autres fins que celles d’une bonne administration de la justice. Le pays fait face à une impasse politique d’une exceptionnelle gravité et il est difficile de ne pas lier cette affaire et la manière dont elle est traitée à l’existence de cette impasse politique et à la tournure dangereuse pour le pays qu’elle est en train de prendre.
Mon troisième sentiment que j’ai exprimé depuis quelque temps est qu’une épuration politique pour crime de non-allégeance est en cours dans notre pays. Je ne serai donc pas étonné personnellement que cette affaire ne soit qu’une des facettes de cette entreprise d’épuration politique.
Ali Benflis
