Le général Hassan a été condamné, jeudi, à cinq ans de prison ferme par le tribunal militaire d’Oran.
Le tribunal militaire d’Oran vint d’expédier l’affaire de l’ancien patron de la lutte antiterroriste en un temps trois mouvements. Dans un procès expéditif et à huis-clos, il a condamné le général Aït Ouarabi à cinq ans de prison ferme. Ce qui constitue une première dans l’histoire de l’Algérie pour celui qu’on présente comme le parangon de la lutte contre les réseaux terroristes. Première constatation : ce sont donc les anciens terroristes et autres sympathisants de l’AIS et autres organisations qui doivent se réjouir de cette condamnation.
Au-delà des prolongements politiques qu’on pourrait attribuer à ce procès (règlement de comptes ou autres), ce qui interroge dans ce procès, c’est surtout l’attitude de son ancien patron, le général-major, Mohamed Mediene. Il ne s’agit pas de commenter une décision de la justice militaire (surtout qu’on ignore tout sur les chefs d’accusation), mais de s’interroger sur la mécanique de sa mise en oeuvre ainsi que ses visées profondes. L’ancien patron du DRS, présenté pendant un quart de siècle comme le patron incontesté de l’Algérie, devrait être au courant des agissements de son subordonné ? Comment est-ce possible que ce procès se soit tenu sans que l’ancien patron du DRS ne soit entendu comme le demandait maître Mokrane Aït Larbi.
Car, de juste, le général Hassan aurait-il agit sans l’assentiment de son chef direct ? Ou sous ses ordres ? Dans les deux, nous pensons qu’il eut été plus logique que le tribunal militaire entende l’ancien patron du DRS. De fil en aiguille, faut-il comprendre par-là que le général-major Toufik a lâché le général Hassan ? Pour sauver sa tête ? Sinon que comprendre à travers sa neutralisation dans cette affaire comme dans d’autres qui l’ont ciblé directement, comme l’attaque d’Amar Saadani sinon que les tenants du pouvoir bénéficient désormais d’appuis assez solides pour se permettre d’instrumentaliser la justice et même les appareils les plus emblématiques du pays sans aucune crainte.
Yacine K.
