L’appel des 19 signataires ne reçoit que l’écho de vierges effarouchées du pouvoir. Fidèle à son mépris souverain à tout ce qui est algérien, le chef de l’Etat garde le silence.
Une démarche inédite et incompréhensible, une démarche soi-disant patriotique et désintéressée, se voulant à la fois alerter et connaître les origines des dernières décisions graves comme si elles émanaient d’un gouvernement parallèle ou d’un cabinet noir qui échappe à l’autorité de la présidence. Une manière de reconnaître implicitement la vacance du pouvoir combien de fois décriée par l’opposition ou encore vouloir en avoir le cœur net sur ce qui se passe en haut lieu.
Des constats alarmants et graves ont été dressés sur la situation du pays et des décisions cruciales ont été prises à la hussarde attentant à la souveraineté même de l’Etat algérien, tels semblent être les motifs de la demande d’audience adressée au président de la République par le panel des 19 personnalités. Une initiative qui reconnaît indirectement qu’elle s’est trompée de choix et qu’une mise au point s’impose dans l’immédiat. Une initiative mystérieuse qui, au lieu de se ranger du côté de l’opposition et demander des comptes sur l’état des lieux catastrophique qui frappe le pays comme dans un Etat démocratique digne de ce nom, elle va au contraire fouiner dans les origines et les causes des situations délétères que nous endurons à l’entame de ce quatrième mandat qu’ils ont soutenu et applaudi jusqu’au bout.
Une démarche qui se veut innocente et patriotique voulant séparer le bon grain de l’ivraie tout en éludant sa compromission totale et son soutien aveugle au système Bouteflika dans toute sa globalité. Une démarche politique qui, à n’en pas douter, fera tomber les masques et dévoiler le secret des coulisses et le vrai visage de ceux et celles qui ont fermé les yeux et laisser-faire la déroute et la trahison qu’ils dénoncent aujourd’hui.
Khelaf Hellal
