Le Matin d'Algérie

Appel aux élus locaux d’Oran en particulier et d’Algérie en général

Notre qualité d’élus fait suite à un mandat dévolu par des citoyens qui nous ont fait confiance et espéraient une réelle prise en charge de leurs préoccupations de tous les jours.

Néanmoins, nous constatons en cette conjoncture d’élection sénatoriale qui se tiendra vers la fin du mois décembre, un dénigrement désagréable et des insultes proférées contre des élus pour la simple et véritable raison que cette consultation électorale a, toujours, était entachée, depuis 2009, de comportements et pratiques immoraux s’ajoutant à une réputation qui ne plaide pas en faveur des élus que nous sommes.

L’achat de voix et les alliances tribales devenus des pratiques courantes lors de cette échéance qui portent atteinte à toute la corporation, alors qu’une grande partie des élus ne s’adonnent pas à ce sport national et seule une minorité fonctionne de cette manière. Mais une minorité qui se compte, peut-être, par milliers à travers le territoire national. A Oran, par exemple, les contacts sont déjà faits et se font encore, des alliances incroyables se nouent, des déjeuners, des dîners et des soirées sont organisés par certains prétendants, tentant d’acquérir des voix par le biais du tube digestif.

D’autres, parlent de bourse et moitié aux primaires, moitié lors du scrutin. leurs démarches sont ostentatoires et ne cachent pas qu’il mettront le prix pour acheter le ticket du sénat.. Et dire que nous sommes à deux mois de l’échéance. La tension augmentera, inexorablement, au fur et à mesure que les candidats officiels apparaîtront et déjà la bataille fait rage au sein des grands partis. Qu’en sera-t-il, alors, dans deux mois ?

Devant cette situation ou les vieux réflexes ne veulent, décidément pas, disparaitre, j’interpelle tous les élus locaux, leurs consciences surtout, pour faire face au phénomène de la Chkara qui déshonore toute la corporation d’élus et s’il y a lieu de dénoncer ceux qui s’adonneraient à ce genre de pratique et pour certains mettre à jour les manigances de leurs financiers qui ne sont autres que les groupes d’intérêts. Que cette élection soit, pour une fois, saine et lavée de toute souillure et que les meilleurs d’entre nous soient choisis pour représenter dignement la wilaya de laquelle ils sont issus. Il s’agit, d’abord de bannir ce genre de procédé, de lui faire barrage et d’amorcer un changement souple par le biais d’une élection démocratique et dénuée de tout soupçon. Défendons notre honneur et disons halte à la Chkara qui pollue la scène politique et démoralise les citoyens malgré les efforts consentis par l’état pour y remédier.

Je ne prétends, à travers cet appel, donner de leçons à personne, d’abord parce qu’il serait inconvenant de ma part de le penser et ensuite tout un chacun connait la situation. Au point ou la vox populi s’est emparée du « phénomène » et l’élu est devenu la risée de tout le monde. Un peu de dignité, un peu d’orgueil, mesdames et messieurs les élus ! Soyons à la hauteur du contrat moral qui nous lie à nos concitoyens !

Ghali Mohamed Hakim

Journaliste et élu à l’APW d’Oran

Quitter la version mobile